Le président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP) Rashid Imrith a dénoncé le ministère des Finances quant à sa part de responsabilité dans les irrégularités qui ont lieu dans la fonction publique. « Nous constatons que la fonction publique est devenue un otage politique et économique du ministère des Finances », a-t-il déclaré hier après-midi à une conférence de presse.
Des fonctionnaires, affirme Rashid Imrith, sont en train de brûler des étapes dans l’exercice de leurs fonctions rien que pour respecter la time limit, surtout en ce qu’il s’agit des finances. « Ce qui fait que l’overpayment est devenu chose courante maintenant », a estimé le président de la FSSP. Il a cité le rapport du directeur de l’Audit en date de 2011 au sujet du ministère du Travail qui mentionne que seules 43 % des inspections ont été effectuées en matière d’Occupational health and safety. « Le ministère avait répondu qu’il ne pouvait en faire davantage en raison d’un manque de personnel adéquat et de finances », a-t-il fait ressortir. Il a rappelé une récente déclaration du ministre du Travail, Shakeel Mohamed, soutenant que c’est le ministère des Finances qui est responsable si celui du Travail ne fonctionne pas convenablement. « Si le ministère du Travail ne peut faire appliquer les lois et faire respecter les règlements, c’est par manque de personnel et de structure adéquate et ce, parce que le ministère des Finances pa pe donn kas », a lancé Rashid Imrith. Et de rappeler l’accident de travail qui avait eu lieu à Ébène en août 2011 faisant un mort. « Combien d’accidents de ce genre auraient pu être évités s’il y avait un nombre suffisant d’inspecteurs pour la vérification des chantiers de construction ? », s’est-il interrogé.
Rashid Imrith a estimé que « personn pa pe kapav rapel sa minister-la a lord ». « La fonction publique est en train de mourir lentement, là où des irrégularités deviennent choses courantes », a-t-il dit. D’où la décision de ce syndicat d’adresser une correspondance au ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, et de lui accorder une semaine pour tenir une rencontre avec les syndicalistes. « S’il refuse, nous ferons une déposition à la police pour réclamer une enquête policière sur les accidents de travail qui ont lieu à Maurice. Nous inviterons le ministre Mohamed à faire une déposition en tant que témoin. Nous réclamerons également que le chef de cabinet au ministère du Travail vienne lui aussi nous donner les chiffres concernant les accidents de travail, année par année. Quant aux fonctionnaires au ministère des Finances, qui sont pointés du doigt par le ministre Mohamed, ils auront à expliquer les conséquences de leur refus d’accorder des fonds et de remplir les postes vacants », a laissé entendre M. Imrith. Il a dénoncé, par ailleurs, les nombreux cas d’irrégularités en ce qu’il s’agit du paiement de la pension que le ministère des Finances qualifie « d’overpayment et non d’irrégularités ».