Intervenant jeudi au Sir Harilall Vaghjee Hall, Port-Louis, dans le cadre de l’intronisation de 310 nouvelles recrues avec le grade de Management Support Officers, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’administration publique, Sutuydeo Moutia, a défendu la méthode de recrutement dans la fonction publique par la Public Service Commission. Il réagissait de toute évidence aux propos du président de l’Equal Opportunies Commission, Bryan Glover, qui, dans le sillage de la publication du tout premier rapport de sa commission, réclamait pour certains de nos compatriotes des « positive actions » afin de pallier toute « inégalité de naissance ».
« Durant la semaine, on a mis beaucoup l’accent sur l’égalité des chances (“equal opportunity”). Vous serez certainement d’accord que la Fonction publique promeut l’égalité des chances, mais pas nécessairement la “positive discrimination” ou la “positive action”. Nous sommes pour la méritocratie et je n’ai aucun doute que personne ne peut venir questionner le processus de sélection (NdlR : de la Public Service Commission) », a lancé le ministre Moutia à l’assistance présente au Sir Harilall Vaghjee Hall, Port-Louis, dont le Chief Executive de son ministère, Sateeaved Seebaluck.
Dans le sillage de la récente publication du tout premier rapport de son institution, le président de l’Equal Opportunities Commission (EOP), Bryan Glover, a accordé des interviews à la presse dans lesquelles il a évoqué l’urgence d’une part d’amender l’Equal Opportunities Act afin que l’EOC puisse également enquêter sur la fonction publique et sur le mode de recrutement des fonctionnaires, et, d’autre part, il a évoqué la nécessité des “positive actions” au lieu de “positive discrimination” pour pallier toute « inégalité de naissance » parmi les Mauriciens.
« Vous avez été recrutés parce que vous avez démontré que vous êtes les meilleurs sur toute la ligne », a poursuivi le ministre à l’intention des 310 nouveaux fonctionnaires, dont 239 sont des femmes.
Selon Sutuyadeo Moutia, ce n’est cependant pas la fin de l’histoire pour ces nouvelles recrues. « Vous allez vite comprendre que vous aurez l’opportunité de participer à des examens de promotions pour des postes administratifs ou techniques ouverts aux officiers en fonction », leur a-t-il expliqué. Pour le ministre, la fonction publique a, depuis des années, toujours bénéficié du service des ressources humaines les mieux qualifiées venues des collèges et autres universités. « La fonction publique mauricienne a en fait beaucoup contribué aux efforts nationaux pour relever les défis socio-économiques les plus difficiles », s’est-il félicité. Ce qui a permis au pays, a-t-il poursuivi, de se retrouver dans des rangs « appréciables » de certains indices mondiaux ou régionaux. Il a cité notamment notre première place en Afrique du “Ease of Doing Business Index” et du “Global Innovation Index – Sub-Saharan Africa”. « Sans compter que nous avons l’ambition d’avoir un PIB de USD 8 196 d’ici 2015, ce qui nous propulsera dans le club très select des pays avancés », s’est-il encore réjoui.
Mais « tout cela n’est pas tombé du ciel », a-t-il affirmé. « Il faut un leadership fort, une grande vision, l’ambition appropriée et un sens profond de l’engagement et du dévouement », a-t-il dit en se référant aux actions du gouvernement sous le leadership du Premier ministre, Navin Ramgoolam.
L’orateur s’est également félicité du dévouement des fonctionnaires en général, « surtout de ceux qui, la plupart du temps, restent derrière les rideaux ».