Intervenant hier matin à la Fooks House à rue Bourbon à Port-Louis lors du lancement d’un cours d’initiation pour les Confidential Secretaries, le ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives, Sutyadeo Moutia, a entre autres annoncé pour l’année prochaine une série d’« initiatives audacieuses » avec l’aide de la Banque mondiale.
« Le processus de réforme que connaît la fonction publique est un processus sans fin, et à partir de l’année prochaine une série d’initiatives audacieuses de réforme seront entreprises… Nous allons bénéficier du soutien de la Banque mondiale pour nous aider à faire avancer et approfondir cette réforme », a annoncé Sutyadeo Moutia, ministre de la Fonction publique et des Réformes de l’administration publique, devant la trentaine de participantes à la formation. Étaient également présents à l’ouverture de cette formation, le Senior Chief Executive du ministère, Sateeaved Seebaluck, la Permanent Secretary, Iona Mélanie Oree et des syndicalistes.
« Le secteur public ne peut se permettre de stagner et de préserver ses manières dépassées de faire les affaires. Une révision complète du système est devenue par conséquent nécessaire », a insisté le ministre.
Selon Sutyadeo Moutia, l’objectif du cours d’initiation est de donner aux citoyens mauriciens, à travers des fonctionnaires formés, une fonction publique qu’ils méritent car les services publics sont payés des deniers publics. « Pour atteindre ce but, il nous faut inculquer chez nos fonctionnaires les aptitudes et la mentalité appropriées afin qu’ils puissent relever les défis émergents », a-t-il expliqué. « Le mandat et la mission de mon ministère sont de moderniser la fonction publique afin d’atteindre l’excellence dans le service, d’augmenter la satisfaction des clients, c’est-à-dire le public, et d’assurer la bonne gouvernance. »
Le ministre s’est félicité que le gouvernement ait donné son aval à son ministère pour la mise sur pied d’un Civil Service College prochainement à Maurice. « Nous espérons qu’avec cette institution nous allons pouvoir former davantage de fonctionnaires sur un plus large éventail de matières. »
Dans ce contexte, Sutyadeo Moutia a annoncé que, malgré les moyens limités et un maigre budget, son ministère a pu former 3 000 fonctionnaires cette année. « Si j’ai choisi d’être là parmi vous ce matin, c’est parce que j’apprécie la valeur de la formation des ressources humaines à tous les niveaux. Car le renforcement des capacités et le développement des employés vont de pair avec le développement d’une institution », a-t-il poursuivi.
Cette formation initiale, a expliqué le ministre,vise à permettre aux Confidential Secretaries (CS) à mieux connaître leurs rôles et responsabilités. « Votre efficacité aidera à défaire les mauvaises perceptions, s’il y en a, sur votre ministère respectif », a-t-il déclaré.
Sutyadeo Moutia n’a pas manqué de commenter la nature confidentielle du travail des CS. « Vous aurez accès à des informations très sensibles et prendrez connaissance de questions hautement confidentielles. Votre loyauté et votre discrétion seront alors d’une très grande importance », leur a-t-il confié.
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Témoignages
Elles ont patiemment gravi les échelons qui les ont menées aujourd’hui au poste de Confidential Secretary (CS). Pour elles, cette nouvelle responsabilité représente une preuve de confiance en leur capacité, mais surtout un défi à relever.
Chandrani Nucchedy, nouvellement nommée au ministère de la Sécurité sociale, retrouve à 48 ans les bancs de l’école. Elle fait partie des 33 CS issues de différents ministères à avoir été choisie pour suivre le cours d’initiation. La formation est dispensée par la Human Resource Development Division (HRDD) du ministère de la Fonction publique et des Réformes de l’administration publique. Une formation durant laquelle elles seront appelées à mieux connaître leurs rôles et fonctions, à développer une attitude positive et à proposer des services efficaces et adéquats aux citoyens. « Ce cours va me permettre de développer davantage mes compétences », anticipe Chandrani Nucchedy.
Sa collègue Hafeza Allegarree, 52 ans, se remémore avec émotion ses débuts comme dactylographe et sténographe en 1982 à l’Electoral Commissioner’s Office. « C’est un métier qui exige une certaine souplesse et une capacité d’adaptation aux changements », confie-t-elle. La CS travaille actuellement au ministère de l’Égalité des genres, du développement de l’Enfant et du Bien-être de la famille après avoir roulé sa bosse dans plusieurs autres ministères.
Pour Jeetha Boyramboli, 47 ans et qui travaille au ministère des Infrastructures publiques, cette nomination arrive à point : « J’attendais ce jour depuis longtemps. Je suis heureuse que l’on reconnaisse mes compétences aujourd’hui. »
Une joie également partagée par Feroza Khodabocus qui compte 30 ans de service. Entre deux gorgées de thé, elle en profite pour énumérer les qualités d’une CS. « J’assume ce poste depuis trois mois déjà. C’est un travail prenant, pas monotone et où l’on apprend chaque jour. Il vous faut avoir la tête sur les épaules et maîtriser vos dossiers », confie-t-elle avant de rejoindre ses collègues dans la salle de conférence de la HRDD pour le premier jour de formation.
Au programme de cette journée chargée : comprendre le rôle et les fonctions d’une CS, savoir communiquer efficacement et apprendre à gérer la sécurité et la confidentialité des informations officielles.