Ils sont environ 4 000 bénéficiaires du fonds de pension de l’industrie sucrière à être privés de boni et de compensation annuelle depuis 2009. Leurs efforts pour faire entendre leurs voix sont depuis restés vains. Ces retraités de l’industrie sucrière ont l’impression d’avoir été « abandonnés par les autorités ». Ils réclament une enquête sur le transfert de fonds du Sugar Industry Pension Fund (SIPF) à Novilis puis à Feber Associates.

L’Association of Retired Workers of the Sugar Industry (ARWSI) ne baisse pas les bras dans son combat sur le fonds de pension de l’industrie sucrière. Ses différentes tentatives auprès du gouvernement et de la Financial Services Commission (FSC) n’ont abouti à rien. Ses membres dénoncent ainsi « l’indifférence » à leur égard. Depuis 2009, ils n’ont en effet reçu aucune augmentation ni de boni de 13e mois du SIPF, auquel ils ont pourtant contribué pendant les années où ils ont travaillé au sein de l’industrie sucrière.
Elysée Chantoiseau, président de l’ARWI, rappelle qu’en 2005, le SIFB a transféré la gestion du fonds de pension à la compagnie Novilis qui, depuis, a mis les clés sous le paillasson. Or, en menant des recherches auprès du Registrar of Companies, Elysée Chantoiseau avait découvert que la compagnie avait toujours une somme de Rs 1 113 545 dans ses caisses au 20 avril 2016. « Nous avons réclamé une enquête de la police et de l’ICAC, mais il n’y a rien eu. La FSC, pour sa part, n’a fait que nous confirmer la fermeture de Novilis. »

L’année dernière, les bénéficiaires ont reçu une communication du conseil d’administration du SIPF leur disant que c’est désormais Feber Associates, une filiale du groupe Mauritius Union, qui gère le fonds. Les retraités de l’industrie sucrière affirment se retrouver aujourd’hui dans une situation malsaine. « Nous ne savons plus vers qui nous tourner pour des explications, avec tous ces changements. »

Le SIPF, créé en 1955, regroupe quatre catégories de travailleurs de l’industrie sucrière : le Staff Employees Fund, l’Artisans Fund, le Labourers Fund et le Voluntary Additional Contribution Fund. La direction du SIPF avait expliqué que le paiement de la compensation et du 13e mois coûterait Rs 234 millions et Rs 190 millions respectivement au fonds. Ce qu’il n’était pas en mesure de payer. Cependant, les retraités veulent savoir quelle est la situation depuis que le fonds est géré par Feber Associates. Ils regrettent ainsi l’absence de communication à ce sujet. L’ARWSI consultera ses membres lors de l’assemblée générale prévue le 10 février au centre social Marie Reine de la Paix, pour discuter de la marche à suivre.