« Tschiéga* Ségas, musique et danses de l’océan Indien », exposition-événement 2020 est visible jusqu’au16 mars au musée du Patrimoine Musical du Conservatoire National de Musique François Mitterrand. Les objectifs : découvrir ou redécouvrir le musée du Patrimoine Musical du Conservatoire. L’enjeu muséologique et muséographique : la collection de documents, instruments précieux et leur exposition à un public divers – mélomanes ou autres curieux des projets d’identité territoriale. Un patrimoine inscrit dans un espace (l’océan Indien, le Mozambique, Agaléga et les Chagos. Le Commissariat d’exposition est assuré par Le Pôle Régional des Musiques Actuelles de La Réunion. La chargée de projet et responsable scientifique est Fanie Précourt, la scénographie et graphisme sont signés Emmanuel Kamboo. L’exposition, gratuite, est interactive grâce à des tablettes tactiles offrant aux visiteurs vidéo, musiques ou articles de presse.

Le projet vise la gestion, mais aussi la sauvegarde d’un patrimoine culturel immatériel. L’exposition Tschiéga Ségas, musiques et danses de l’océan Indien est née au sein du projet Phonothèque Historique de l’océan Indien et ses actions de valorisation, porté par le PRMA et sept partenaires des îles de l’océan Indien. « Ce projet de colletage, sauvegarde et transmission du patrimoine musical de l’océan Indien est à la fois exceptionnel dans ses ambitions que dans les moyens dédiés par les partenaires financiers : Union européenne, DAC OI, Région Réunion, Département de la Réunion et Sacem aux côtés du PRMA. Si la plateforme numérique collaborative et interactive sera accessible seulement en 2020, nous pouvons, dès aujourd’hui, avoir un aperçu de notre immense patrimoine culturel à travers des archives musicales, valorisées ici au cœur d’une exposition dédiée au genre musical et chorégraphique le plus populaire de nos territoires. »

C`est donc un véritable inventaire de la musique traditionnelle de la région qui recouvre la richesse et la diversité d’une tradition musicale, de genres associés, comme la danse, d’instruments et de savoir-faire. Ses fonctions sociales et culturelles sont multiples : elle accompagne les célébrations de la naissance à la mort. Le séga de l`océan Indien recouvre des valeurs, des légendes, des mythes. Pour préserver et améliorer ce patrimoine, il fallait renforcer la chaîne de transmission tout en garantissant la capacité des communautés concernées à inventorier et à gérer une base de données sur la musique traditionnelle.

Il faut mentionner les contributeurs PHOI, IHOI, Archives départementales de La Réunion et de Mayotte, CNDRS, Conservatoire National de Musique François Mitterrand, CRAAM, DCMA, Commission des Arts et de la Culture de Rodrigues, Réunion la 1re, INA, NMCACTF, la maison du maloya. Les inventaires ont permis de faire ressortir la diversité culturelle du pays et de penser des actions de sauvegarde adaptées. Mais que signifie Tschiéga ? C’est, nous disent les spécialistes, « l’un des premiers noms donnés à la musique des esclaves sur les îles de l’océan Indien dans la première moitié du XIXe siècle. Ce nom a été précédé, suivi ou contemporain d’autres noms : chéga, shéga, schéga, sega qui désignaient à l’époque ceux qu’on appelle aujourd’hui maloya à la Réunion, moutya aux Seychelles, séga tipik à l’île Maurice, séga tambour à Rodrigues  »

De larges segments du patrimoine musical de la région, autrefois mal documentés, révèlent aujourd`hui un fonds et une base de données. Des écrans et des tablettes tactiles (outils multimédias du patrimoine culturel immatériel, une expérience unique) retraçant le patrimoine de Maurice, Rodrigues, Chagos et Agaléga, avec des interviews inédits de Marclaine Antoine ont été ajoutés pour stimuler la créativité scénographique.

Chacun peut vivre une expérience ludique, attractive et interactive où l’on chante et danse sur les anciens et nouveaux ségas populaires. Établir un inventaire pour la sauvegarde du patrimoine musical de l`océan Indien était devenu une tâche urgente. Les activités effectuées pour atteindre ces objectifs ont consisté en diverses actions et la conduite d’un inventaire participatif. Collaborative, cette exposition a été construite par les partenaires de la Phonothèque Historique de l’océan Indien, leur comité scientifique, technique et artistique respectif et divers consultants : artistes, chercheurs, connaisseurs.