Les joueuses de la formation Plaisance Spoutnik aspirent à un renouveau au niveau du foot féminin

Le Festival de Street Foot, une grande première, se tiendra ce week-end au complexe du terrain de football Camp-Levieux, Rose-Hill. À la tête de cet événement, l’équipe féminine les Plaisance Spoutnik Ladies Futsal impose le premier challenge d’une Génération Foot 2 Rue. Elodie Trioux, Team Manager, avance que cette compétition a pour but « d’insuffler un nouveau dynamisme au football féminin ».

Elodie Trioux, Team
Manager de Plaisance
Spoutnik Ladies Futsal

Un vent léger et frisquet balaie les mèches de cheveux et si le terrain de foot de Camp-Levieux semble plutôt calme aux alentours de 17h, il n’empêche que l’équipe féminine de football, les Plaisance Spoutnik Ladies Futsal, a déjà chaussé ses crampons. La Team Manager de Plaisance Spoutnik Ladies Futsal, Elodie Trioux, à la démarche de rappeuse, donne le ton. Une véritable boule d’énergie qui sait canaliser ses joueuses. Les filles de son équipe ont toutes cette envie de voir progresser le football féminin et pour cette entrevue Elodie est la première à se lancer en expliquant que le nom du groupe Plaisance Spoutnik est comparable à la fusée Spoutnik. « Notre association de foot a démarré avec nos mamans dans les années 60 et toute une génération est venue s’y greffer avant celle des années 80. Le fait d’avoir vu la formation Plaisance Spoutnik Ladies Futsal être élue en 2000 comme championne nationale a confirmé notre position en nous poussant à donner le meilleur de nous », explique-t-elle.

Pourtant les Plaisance Spoutnik Ladies Futsal essuieront un sérieux revers lorsque l’équipe sera forcée de mettre un frein à sa passion avant de se remettre en selle cette année. Avec des hauts et des bas, relate Elodie, la formation féminine de foot a trouvé ses marques. Elodie Trioux doit sa passion à sa mère Christiane Macaque, qui lui a transmis sa fougue de même qu’à sa petite sœur, Émilie. C’est avec un large sourire qu’elle raconte que cette année son équipe a battu celle de l’Université de Maurice lors d’un match de gala avec un score de 11 à 0. L’événement était organisé le 8 juillet à Foot Five Bagatelle.

Le foot féminin sonne comme une belle revendication pour les femmes

« Les filles ont la gnac sur le terrain »

Laura Bridoux, 23 ans, sérigraphe, se souvient de ses débuts sur le coaltar avec son cousin à faire des dribbles et des passes. Elle est aussi joueuse de la sélection nationale féminine : « Nou ti pe zwe football lor sime e paran ti pe gagn per pou nou. » Forte de son expérience, Laura s’enorgueillit aujourd’hui de faire partie des élites et d’avoir entamé une belle performance aux Jeux des îles. « Mon équipe, c’est Manchester, et mes joueurs préférés sont Neymar, Messie et Ronaldo. Pa zis get zot galoup derier boul, li enn vre spor », dit-elle. Pour Laura, une femme qui se met au football peut être aussi performante qu’un homme sur le terrain. « Tout est une question de caractère, d’agilité et d’esprit d’équipe. Moi, j’officie comme milieu de terrain. » Elodie Trioux partage son idée et indique que leur formation Plaisance Spoutnik Ladies Futsal a remporté le championnat de deuxième division dans les années 2000 et vers les années 2010, deux fois championne de Maurice. « C’est un leurre de dire que les hommes sont les seuls à être habiles à ce jeu. Les filles ont aussi la gnac sur le terrain. C’est regrettable que le foot au féminin ne soit pas autant valorisé. Il faudrait plus de championnat, plus de foot de rue pour donner plus d’éclat à ce sport et encourager plus de filles à s’y inscrire », soutient-elle.

Dans cette ronde aux buts
marqués, le foot se vit
passionnément

Le championnat de futsal féminin attendu

Emilie Macaque, 25 ans, évoque le futsal, le foot pratiqué en intérieur. Les règles du futsal sont complètement différentes de celles du football joué à 11. « Notre équipe participera au premier championnat de futsal féminin à Maurice qui aura lieu prochainement », indique-t-elle. Pour elle, il y a des différences au niveau du jeu entre le football masculin et féminin, surtout au plan physiologique, ce qui influence les performances. « Le football féminin se développe graduellement. On frappe aussi fort que les gars et la différence est qu’on pratique ce sport avec un esprit “fair-play”. Il n’y a pas de gain à la clé, mais uniquement des rencontres féminines enrichissantes qui nous aident à sortir de notre bulle », explique Emilie Macaque.

Quant à Karen Triton, 19 ans et élève du collège BPS, trouve qu’il ne manque plus grand-chose au football féminin. « Il n’y a qu’à voir ailleurs, les joueuses sont de plus en plus sollicitées. Il faut que cette démarche continue… », estime-t-elle. Delphine Cupidon, 31 ans, institutrice en préprimaire et maman d’un petit Andrew, met, elle, l’accent sur le punch et la forme physique. « Nos maris, copains et enfants ont fini par se faire une raison que c’est notre nouveau mode de loisir. La vision des gens sur les femmes footballeuses a beaucoup évolué. On peut parler d’ambiance, de qualité des terrains, de beaux matchs, de beaux buts », dit-elle. Elodie Trioux revient sur les joueurs dont elle a été fan à l’adolescence et qui ont marqué son esprit comme Pires et Thierry Henry. « Mon équipe préférée est Arsenal. Et, dans l’équipe de France, je vois que Paul Pogba est un bon meneur de jeu. C’est un Bleu qui endosse à la perfection son dossard N° 6 et il fait honneur au football français. Il est aussi, en passant, un excellent danseur », souligne-t-elle.

Dans cette ronde aux buts marqués ou loupés, Elodie Trioux trouve que le football féminin « se vit passionnément ». Au niveau du groupe, on a de bons résultats, donc au niveau de l’ambiance, c’est toujours plus facile à gérer. « Je suis fière de mes joueuses qui s’impliquent dans chaque match et lors des rencontres. Et, qui s’est donné aussi à fond pour ce festival. Car on a toutes le même objectif, gagner des titres ensemble. » C’est précisément une des raisons qui pousse Plaisance Spoutnik Ladies Futsal a organisé les 15 et 16 septembre un festival Foot2Rue. « On a ouvert l’inscription aux hommes également samedi. Pour participer, il faut une équipe de huit joueurs. Notre équipe se mesurera dimanche à celle de La Cure Sylvester, une autre équipe féminine », indique-t-elle.

Elodie poursuit qu’un tel événement vise à attirer plus de femmes à pratiquer le foot. « Bientôt Maurice aura son premier championnat tournoi futsal au féminin. Le foot féminin sonne comme une revendication pour les femmes. L’image du football féminin a un beau profil, il n’y a qu’à voir dans d’autres pays le constat. On ne dit plus que la fille joue au ballon rond parce qu’elle est un garçon manqué, mais juste que ma fille a réussi à évoluer sur le même terrain qu’un homme. »