D’un côté, le Club M en quête d’une troisième couronne pour se mettre au même rang que La Réunion et Madagascar dans la hiérarchie du foot de l’océan Indien. De l’autre, les Seychelles visent un premier laurier tant attendu depuis 32 ans. La finale inédite de cette huitième édition des Jeux, prévue cet après-midi (17h30) au Stad Linité, promet des étincelles.
Chacun a sa propre histoire à écrire. D’autant qu’ils se croisent pour la première fois à ce stade de la compétition. Peu importe la manière, l’un des deux sera en or en ce 13 août 2011. Certes, c’est un chiffre qui porte malheur mais il fera le bonheur d’un des deux finalistes. Lequel ? Un pronostic s’avère difficile, même si les Seychelles possèdent de meilleurs atouts.
Premièrement, ils évolueront devant un public pratiquement acquis à leur cause, même si une poignée de Mauriciens seront dans les gradins pour donner de la voix au Club M. Deuxièmement, ils ont produit un jeu attrayant et efficace qui les a menés jusqu’à la finale, éliminant au passage la tenante du titre, La Réunion, en demi-finales (2-1 après les prolongations) jeudi.
Troisièmement, il y a cet avantage psychologique sur Maurice qu’elle avait déjà battue en match de poule A (2-1) samedi dernier. Les Dallons avaient fait très bonne impression ce jour-là, surtout en première période, même si le Club M a été dangereux en quelques occasions en fin de partie. Quatrièmement, les statistiques qui plaident en faveur du pays hôte avec neuf buts marqués contre quatre au Club M. Les deux formations ont encaissé le même nombre de buts, soit quatre chacune.
Mais une finale reste une finale. Souvent, les chiffres et autres analyses ne tiennent pas la route. Tout est possible sur un match, comme on l’a vu en demi-finales. Les Seychelles, menés au score, ont renversé la vapeur (avec beaucoup de chance il est vrai) face à La Réunion pour l’emporter lors des prolongations (2-1). Maurice, légèrement dominée dans le jeu par Mayotte mais dangereux en contre, a tenu le coup jusqu’aux tirs au but, 5-4 (0-0 a. p).
Les jambes seront lourdes mais c’est l’envie de gagner la médaille d’or qui aidera les joueurs à se surpasser. D’ailleurs, les deux entraîneurs nationaux sont confiants. « Nous avons une équipe pour remporter la médaille d’or », soutient le coach seychellois, Ralph Jean-Louis.
« Nous aurons à penser à tous les efforts consentis jusqu’ici. Nous jouerons à fond pour chercher la médaille d’or. S’il le faut, les joueurs puiseront dans leurs profondes reserves », indique pour sa part le technicien mauricien, Akbar Patel.
Ce dernier optera vraisemblablement pour un 4-4-2 qui a porté ses fruits et qui répond aux spécificités des joueurs. L’entraîneur mauricien aura l’embarras du choix avec le retour de Christopher Bazerque après suspension. Retrouvera-t-il sa place comme défenseur latéral droit ou Patel fera-t-il confiance à Jimmy Cundasamy au poste de faux ailier-défenseur gauche comme en deuxième mi-temps jeudi ?
Dans l’entrejeu, de petites modifications pourraient avoir lieu, de même qu’en attaque. Mais les frères Pithia, Fabrice et Fabien, Jonathan Bru, Kervin Godon et Stéphane Badul seront certains de débuter le match. En tout cas, le moral est au beau fixe. Il suffit aussi d’être plus réaliste devant les buts adverses et ne pas rater la moindre occasion pour ne pas avoir de désillusion au coup de sifflet final.
Il est vrai que les Seychelles sont solides dans pratiquement tous les compartiments du jeu, mais il existe des failles à exploiter dans la défense centrale. Bref, un match ouvert qui, espérons-le, produira du spectacle et des buts.