La situation dans laquelle se trouve le foot mauricien ne laisse pas insensibles les principaux acteurs que sont les joueurs et entraîneurs. Un groupe s’est constitué pour déplorer le renvoi des compétitions et propose que l’intérêt du foot prime sur toute autre chose.
Ce groupe a animé un point de presse, hier au Centre social Marie-Reine de La Paix à Port-Louis, pour expliquer sa démarche. Il y avait, entre autres, Tony François, entraîneur-joueur de l’AS Rivière-du-Rempart, Henri Spéville, entraîneur du Pamplemousses SC, Gilbert Bayaram, milieu de terrain du Pamplemousses SC, Kersley Levrai, défenseur de l’ASVP et Nicolas Doro, ex-gardien de but international.
Prenant la parole en premier, Tony François a précisé que ce groupe n’est pas là pour critiquer qui que ce soit mais pour tirer la sonnette d’alarme sur l’état actuel du foot mauricien. Il soutient que des décisions sont prises contre les intérêts des joueurs et des clubs.
« Il n’est pas normal qu’il n’y ait pas de compétitions pendant plus de trois mois. Les équipes ont repris l’entraînement depuis plus d’un mois et il était prévu que le championnat démarre ce week-end. Maintenant, c’est reporté. Les joueurs sont lourdement pénalisés. La plupart dépendent beaucoup du foot. D’autant que les clubs menacent de cesser les entraînements », fait-il remarquer.
Kersley Levrai abonde dans le même sens. Il souligne que c’est un mauvais signal envoyé aux jeunes. « Je constate une démotivation chez les jeunes. Si ça se poursuit, ces derniers risquent de se désintéresser du football, ce qui sera néfaste pour l’avenir de notre sport roi. D’ailleurs, comment voulez-vous que les équipes progressent quand on ne joue au foot que pendant six mois au cours d’une année ? »
Tony François concède aussi que le rôle de l’entraîneur est remis en question du fait qu’une préparation d’avant-saison ne se fait pas au petit bonheur mais méthodiquement. « Comment voulez-vous dans ces conditions que nous puissions apporter des résultats concrets ? »
François et Levrai invitent les décideurs à régler ce conflit le plus vite possible et faire redémarrer les compétitions dans les plus brefs délais. « Les joueurs doivent jouer au football », enchaînent-ils. Avant de suggérer que les décideurs mettent de l’ordre dans la maison pour relever les défis qui pointent à l’horizon à court, moyen et long termes.
« Nous devrons enclencher le processus de professionnalisation des clubs le plus tôt possible, notamment des terrains d’entraînement permanents éclairés, des dirigeants compétents, un staff technique et médical qualifié et un soutien financier conséquent si nous voulons tirer le foot vers le haut. Nous devrons aussi avoir des gens qui connaissent les réalités et spécificités du football dans sa globalité », indique l’entraîneur-joueur de la formation nordiste.
Il est rejoint dans ses propos par Henri Spéville qui avance que rien ne va bouger si les clubs ne sont pas structurés. « Il faut commencer par la base et aider les clubs à se structurer. Par ricochet, le Club M en bénéficiera. Dans le monde entier, c’est comme ça. Ici, nous faisons l’inverse. J’espère que les décideurs sauront rectifier le tir pour que notre football puisse redécoller », a-t-il conclu.