Il y a-t-il un capitaine à board de ce qu’on peut encore appeler la Football House de Trianon? L’absence du président de la Mauritius Football Association (MFA) du pays depuis deux semaines, parti organiser la Coupe d’Afrique des Nations U17 au Maroc fait qu’il a laissé les clés du Château entre les mains de ces deux fidèles, nommément Ozair Jaunoo et Samir Sobha. Force est de constater que la cacophonie s’est installée davantage dans l’organisation du football à Maurice. Mais qu’on se le dise ce n’est pas un fait nouveau. Car depuis deux ans on parle beaucoup sur la Football House, mais très peu, sinon pas du tout, football. Pour preuve l’absence du corps arbitral lors du match CSSC-Pampelousses au stade Auguste Vollaire le mercredi 17 avril comptant pour un match en retard de la 12e journée (on jouera aujourd’hui pour le compte de la 18e journée). Il y a eu certes des matches qui n’ont pas été joués en raison de l’absence d’un arbitre, mais de mémoire de journaliste jamais le corps arbitral au complet a carrément boudé une rencontre.
Dans la foulée de cette affaire la pierre a été jetée un peu trop rapidement sur Dharamraj Ramma, le responsable des arbitres au Football House. Or  selon nos informations ce policier de formation se trouve, depuis belle lurette, à l’étranger pour son métier. Cependant lorsque Week-End a cherché à savoir la raison de l’absence du corps arbitral le 17 avril à Flacq auprès de M. Teeluckdharry, de l’Appointement Committee des arbitres en compagnie de M. Fanny, le téléphone nous a été raccroché au nez. De plus, M. Teeluckdharry a parlé avec véhémences. A peine sommes nous présenter comme journaliste de Week-End et que nous cherchons les raisons qui expliqueraient l’absence des arbitres à Flacq que M. Teeluckdharry se lâche…«hein non mo pas envi cause avec ou. Ban l’arbitre pas fine vini, lerla c’est la fin du monde sa?». Et claque…
Ainsi gère-t-on les affaires du football à Maurice. «Ce qui s’est passé au stade Auguste Vollaire n’est guère étonnant. C’est le résultat de la nouvelle trouvaille de la direction de la MFA qui consiste à hacher le calendrier en fin de saison. Résultat des courses: les arbitres  ne savent pas au départ quel match ils ont la responsabilité puisqu’ils ont en fin de compte qu’un numéro. Or avec les changements quotidiens les numéros changent et si l’administration de la MFA ne les avise pas, les arbitres ne peuvent savoir», nous explique un ancien arbitre.
Mais où cette affaire est un scandale — même si le match a été joué mercredi 24 dernier — c’est la légèreté avec laquelle l’administration de la MFA continue à fonctionner en dépit des critiques incalculables et l’alternance à la direction. Selon nos informations à l’intérieur de la MFA on  évoque avec persistance que la faute de l’absence du corps arbitral le 17 avril à Flacq revient à l’administration de la MFA qui n’a pas informé les arbitres de ces changements.
Anne ma soeur Anne…
«Le pire dans cette histoire c’est que la saison de football est beaucoup plus longue que prévue. Il y a des clubs qui n’ont pas joué un seul match pendant un mois. Les conséquences sont énormes pour les clubs qui voient leur budget de fonctionnement grimpé en flèche», déplore pour sa part un dirigeant de club. Mais la cacophonie dans la gestion des affaires de la MFA ne s’arrête pas en si bon chemin. Le calendrier des 8e de finale de la MFA, qui selon les conditions devaient se terminer avant l’arrivée des délégués pour le Congrès de la FIFA. Pour l’heure c’est donc Anne ma soeur Anne ne vois-tu rien venir?
Effectivement rien ne vient comme le calendrier du Championnats de la Ligue Junior qui aurait dû commencer à mi saison de la Premier League, c’est-à-dire depuis la 9e journée. Or la triste vérité est qu’aujourd’hui un certain nombre d’équipes terminent la saison, mais la MFA ne communique toujours pas sur cet item. Question communication, il est bon aussi de savoir que le Château semble avoir perdu tous ses spécialistes de com puisque ni la page web, ni la page facebook (le dernier share date du 4 février) ne semble fonctionner.  «Le prix à payer pour les clubs de cette absence de compétitions est lourd, très lourd même et ne sera pas sans conséquence lors de la prochaine saison lorsque arrivera le temps des fonds de l’Etat. Il va sans dire que tous les coups sont possible du fait que le contrat n’a pas été respecté puisqu’il n’a pas eu de participation dans une ligue junior et féminine», évoque encore ce dirigeant de club, qui déplore l’absence de Week-End Report sur les cartons et les suspensions des joueurs qui est un outil indispensable dans l’organisation d’un match. «Aujourd’hui c’est une secrétaire qui téléphone pour donner des informations. Il n’y a rien d’officiel», dénonce encore ce président de club.