Le président de la Mauritius Football Association (MFA) n’a ni tout raconté ni tout dit de son récent voyage à Zurich, au siège de la FIFA où il était surtout question de la professionnalisation de cette discipline à Maurice. En effet en septembre dernier Samir Sobha avait troqué son «indémodable» t-shirt, blue-jean et basket pour son plus beau costume pour se rendre à la FIFA, accompagné de Sada Vuddamaly et de Georges Chung, pour aller voir le très controversé Sepp Blatter. Une rencontre durant laquelle le président de la MFA a présenté l’idée de Saoud Lallmohamed, soutenu par Georges Chung de mettre en place à Maurice une ligue professionnelle.
Comme Week-End l’avait déjà indiqué dans plusieurs précédents articles, les risques que la FIFA refuse cette idée étaient quasi inexistant. Ceci pour la bonne et simple raison que la professionnalisation du football dans le monde fait partie de l’ADN de la FIFA, en particulier son président, le Suisse Sepp Blatter. Ce dernier a trouvé dans cette politique un moyen fort rapide poour remplir les caisses de la FIFA. Reste que s’il se confirme que le président Sobha n’a  fait face à aucun obstacle de la part de Zurich pour lancer la Mauritius Professionnal Football League à travers la compagnie de Georges Chung comme l’avait du reste rapporté la quasi totalité des journaux de Maurice. Par contre, gageons que Samir Sobha a involontairement omis de dire que la FIFA a exigé un point important: que les 10 équipes qui sont engagées dans la ligue professionnelle quitte la MFA pour aller former une association de clubs professionnels. Dans la foulée, la FIFA a aussi précisé que le président de cette association, tout comme d’autres membres — le nombre est à déterminer dans les statuts de la MFA —a  trouvé une place au sein de l’exécutif de la Football House.
Sobha était retourné
Selon une des personnes présentes à cette réunion où les experts de la FIFA a indiqué ces conditions, Samir Sobha était tout retourné de la position de l’instance de Zurich. Puisque cette position de la FIFA remet en cause directement sa présidence, car l’équipe qu’il représente au sein du comité n’est autre que le Cercle Joachim qui fait partie de la bande des 10. Il nous revient aussi que la FIFA n’a pas exigé que le départ des équipes pro de la MFA soit pour tout de suite. «La FIFA a proposé une période de transition de très courte durée, même si  les statuts de la MFA n’en fait pas provision», a expliqué à Week-End notre interlocuteur.
D’une part la FIFA qui demande le retrait des équipes professionnelles de la direction de la MFA et d’autre part la confirmation a été obtenue que Samir Sobha et son équipe ne sont pas LEGALEMENT le comité directeur reconnu par les lois de Maurice. Un double événement s’est produit ces derniers jours à la Football House qui a confirmé, ce que Week-End a toujours affirmé. En effet, le comité directeur de la MFA a décidé de se séparer des services de son secrétaire général, Sada Vuddamaly et de son adjoint, Pathak Ballgobin. Pour  signifier cela à ces deux ex-hommes forts du football mauricien, la direction de la MFA a eu à chercher Bhurdwaz Mungur, l’ex-secrétaire général de l’ex-comité directeur de la MFA (présidence Vinod Persunnoo) pour signer leur lettre de départ.
Le comité Sobha out si…
Ceci a été nécessaire, car  ni Samir Sobha ni Nazir Bowud n’a le pouvoir de signer leur lettre de départ puisqu’il ne sont pas reconnus par le Registrar of Associations comme les dépositaires légaux de la MFA. Raison: les statuts de la MFA ne sont toujours pas reconnus par cette instance qui donne une existence légale à toute association, sportive ou pas, à Maurice.  Nous apprenons dans la foulée que c’est avec le coeur gros que Pathak Ballgobin a quitté les locaux de la  Football House. Car personne ne pensait que Samir Sobha allait  réserver un tel traitement — ce fut, dit-on  à la Football House, comme un licenciement — à celui qui fut la cheville ouvrière de l’organisation de la dernière assemblée élective de la MFA qui a porté Samir Sobha, ses amis et les Judas au pouvoir. En d’autres mots, le groupe Sobha reconnaît qu’ils ne sont pas dans une situation légale puisqu’il a eu à faire appel à l’ancien secrétaire pour faire la sale besogne.
Autre preuve que le comité présidé par Samir Sobha n’est pas le dépositaire légal du football à Maurice, c’est la décision prise par cette même MFA de mettre aux oubliettes les procédures disciplinaires contre 16 équipes qui ont engagé une affaire en cour contre la légitimité du Tribunal d’Ivan Collendavelloo. La FIFA apprenons-nous n’a pas voulu trancher dans ce débat et de ce fait la MFA s’est retrouvée dans l’obligation de rayer les procédures sachant que devant les instances légales ses statuts ne sont pas reconnues. Elle ne peut de se fait prétendre à prendre des sanctions en vertu de ces mêmes statuts. Dans la foulée, Rs 200 000, en frais d’avocats et autres sont parties en fumée.
La FIFA, apprenons-nous, est allée encore plus loin dans cette nouvelle affaire. Selon nos informations, l’instance de Zurich est allée jusqu’à dire à l’administration que la MFA qu’elle s’en tiendra à la décision de la cour dans ce procès où 16 clubs contestent la légalité du Tribunal d’Ivan Collendavelloo. «La FIFA ne fera rien contre la décision de la justice mauricienne», a-t-on précisé à Week-End.
Ce qui nous pousse à dire que le comité directeur de Samir Sobha est en sursis jusqu’au 25 janvier 2015, date prévue pour un jugement probable dans cette affaire. Reste que ces nouveaux développements soulèvent un certain nombre de questions importantes. La première de la liste reste la légalité de confirmer l’organisation du football à une compagnie privée? Es-ce que les sponsors, comme par exemple la Barcleys Bank, la MCB, Microsoft, Carrimjee, Total pour ne citer qu’eux, sont-ils informés que la MFA est une instance qui n’est pas reconnue par les lois de la République de Maurice? Que le ministère de la Jeunesse et des Sports est en train d’injecter des millions et des millions de roupies provenant des fonds publics dans une fédération qui est en sursis?
Cette même MFA qui a pris la décision de «write off» une dette de Rs 1.4 millions de la compagnie Sandy Ltd. Une compagnie qui a été au coeur du scandale autour de la rénovation du stade Georges V et que l’Etat à travers le MJS avait dû réinjecter de l’argent pour que les travaux de rénovations puissent être complétés.
Espérons que les ex-députés Eric Guimbeau et Franco Quirin qui avaient souvent protesté au parlement contre ces délits ne restent pas tranquilles au nom d’une alliance.