Tsunami sur le football mauricien. Il se murmure que la MPFL, organisateur depuis 2014 de la Ligue professionnelle de football, est sur le point de mettre la clé sous le paillasson. Ce n’est pas la première fois que cette épée de Damoclès pèse sur la tête du football mauricien, mais aujourd’hui, la situation est sérieuse, car même la direction de la Mauritius Football Professionnal League (MPFL) en parle à haute voix. En effet, à demi-mot, un responsable de cette compagnie lancée par Georges Chung, homme d’affaires et actuellement conseiller influent auprès du Premier ministre, soutient que la rumeur est fondée et avance que « des solutions sont en train d’être recherchées ».
Au banc des accusés, une relation de plus en plus calamiteuse avec la direction de la Mauritius Football Association (MFA), incarnée par le duo Didier Pragassa-Samir Sobha, et des fonds qui arrivent de plus en plus difficilement dans les caisses.
Notre source au sein de la MPFL souligne cependant « qu’il n’y a rien d’officiel ni de définitif. C’est du 50-50. Nous nous concentrons sur la fin du championnat et nous aviserons par la suite. Peut-être que le football professionnel existera, ou peut-être pas. Il faudra voir auprès des parties concernées ». Même si au sein de la MPFL Ltd on entretient un flou, il serait bon de savoir qu’à valeur du jour, beaucoup de clubs issus de cette ligue sont privés de moyens financiers, donc de salaires pour les joueurs. Une situation grave, certes, mais pas nouvelle. À titre d’information, plus de Rs 60 millions ont été investies depuis trois ans maintenant dans ce projet de professionnalisation du football. Il ne faut pas oublier que l’État apporte également sa contribution à hauteur de Rs 26 millions. Qu’adviendra-t-il de cette allocation au prochain exercice budgétaire, ce jeudi 8 juin ?
Attention attirée depuis 2015
Mais là où le bât blesse, c’est concernant le quasi manque de considération de la MFA vis-à-vis de l’organisation de cette compétition, soit la MPFL. Aujourd’hui, les mots « peu professionnel » et « jalousie » sont lâchés pour expliquer la démarche de la MFA en vue de « torpiller » l’action de la MPFL. Le député Franco Quirin avait, dès 2015, attiré l’attention sur ce qu’il avait qualifié à l’époque de « relations difficiles entre la MFA et la MPFL ». Mais l’ex-ministre des Sports avait balayé d’un revers de main les affirmations du député mauve.
Le député MMM avait même poussé le bouchon plus loin en demandant à l’ex-ministre des Sports si le gouvernement avait des garanties qu’après la saison 2015-16 cette même situation n’allait pas se répéter. « Le ministre peut-il nous dire s’il y a eu des garanties de la Mauritius Professional Football League que ce présent championnat qui va débuter — comme le ministre vient de nous l’affirmer, le 25 octobre — va pouvoir se poursuivre jusqu’au bout en dépit des relations difficiles qui existent entre la MFA et la Mauritius Professional Football League?? », avait demandé le député de l’opposition.
La réponse de Yogida Sawmynaden lors de la séance parlementaire du 22 septembre : « il n’y a pas de relations difficiles entre la MFA et la Mauritius Professional Football League. Monsieur Georges Chung avait demandé un Action Plan des dix clubs. Malheureusement, ils n’avaient pas coopéré et c’est pour ça que Monsieur Georges Chung avait pris la décision d’arrêter la Mauritius Professional Football League. Après avoir rencontré les différents stakeholders et la MFA, et quand il est venu me parler personnellement, Monsieur Georges Chung est revenu sur sa décision et, he has announced himself in the press that he is going ahead and he is giving the guarantee that he is going for the full year. »
L’histoire se réécrit
Mais une saison après, l’histoire se réécrit de la même façon sous Stephan Toussaint au MJS. Du côté des dirigeants de clubs, il faut préciser que certains d’entre eux avaient déjà eu vent de la direction qu’allait prendre la MPFL. Bien évidemment, il y a du mécontentement dans l’air, mais beaucoup sont d’avis qu’il faut avant tout de trouver une solution. Roopesh Neerunjun, team manager de Pamplemousses, indique que « le club n’a rien reçu d’officiel à ce sujet. Avec l’avènement du foot professionnel, il serait dommage que si la MPFL fermait ses portes, le sport Roi fasse marche arrière. Nous devons continuer à avancer. Dans ce cas de figure, la responsabilité revient à la MFA de trouver une alternative pour y remédier. J’espère que tout rentrera dans l’ordre au plus vite et que les instances concernées trouvent des solutions. »
Manoj Boyroo, nouveau président de Petite-Rivière-Noire, espère également que la situation se décantera au plus vite. « Le problème, c’est que beaucoup de joueurs seront au chômage et ne sauront plus quoi faire en cas de retrait de la MPFL. Je parle avant tout au nom de mon club de Petite-Rivière-Noire. Nous n’avons pas de sponsor et nous dépendons beaucoup sur l’argent des instances du football local. D’ailleurs, le paradoxe dans l’histoire, c’est que, sans sponsor, nous luttons pour le titre de champion cette saison. C’est dire du réservoir de talents dans l’Ouest de l’île. Si le football professionnel venait à connaître son dénouement, PRNFC perdrait beaucoup, notamment ses meilleurs joueurs. C’est sûr et certain qu’il faudra trouver une solution au plus vite. Il y va de la survie du sport Roi », a-t-il ajouté.
Quoi qu’il en soit, nous serons très vite fixés sur l’avenir du Sport roi, car le championnat prend fin le 18 courant. N’oublions pas que la création de la MPFL a donné l’espoir à quelque 300 personnes (joueurs et techniciens) d’être les pionniers d’une instance qui devait devenir une nouvelle industrie à Maurice. Pourtant, il est bon de rappeler qu’en septembre dernier, un nouveau MoU avait été signé entre la MFA et la MPFL pour deux nouvelles années.