Maurice a été battue (0-3) en finale de la COSAFA Cup, dimanche, au stade St François Xavier à Port-Louis, par une redoutable équipe de la Zambie. Alors que personne n’aurait misé une seule pièce sur le baby Club M avant le tournoi, surtout en se basant sur le niveau même du football local et par rapport à ses performances au niveau continental, cette équipe a pourtant trouvé les ressources nécessaires pour atteindre la finale de cette compétition. Et qui plus est avec la manière. Car cela faisait très longtemps qu’une sélection nationale mauricienne n’avait pas été aussi séduisante. Derrière se dresse un entraîneur, lui-même un ancien défenseur central international du centre national de formation de football (CNFF) et de Maurice Espoir avant de rejoindre le Sunrise Flacq United. Kersley Clark, l’homme du renouveau se veut toutefois mesurer et surtout modeste. Pour lui, c’est une équipe qui a réalisé cet exploit et non un seul homme.
Le 29 juillet, la sélection nationale réussit son entrée en disposant (1-0) du Zimbabwe. Pour ceux qui pensaient que ce n’était là qu’un feu de paille, et bien, ils se sont tout simplement trompés. Lors du match suivant, Maurice dispose du Botswana (2-1) et ce, après avoir été menée au score. Déjà qualifiée pour la demi-finale, Maurice perd (0-2) face au Malawi avant de réaliser un gros coup en disposant de l’Afrique du Sud (2-0) en demi-finale. Tout simplement fabuleux lorsqu’on réalise que jamais par le passé une équipe mauricienne n’a atteint une finale de la COSAFA.
Ce qui est encore plus surprenant, c’est que cette sélection nationale, mise en place en novembre dernier pour jouer le tournoi de l’Union des Fédérations de football de l’océan Indien (UFFOI) à Maurice des moins de 15 ans, devait être éliminée au… premier tour même de la compétition. Fraîchement nommé à la tête de cette équipe avec comme adjoint Daniel Ramsamy, Kersley Clark n’a jamais douté de son groupe. « C’est un groupe qui possède un gros potentiel. Je n’y ai jamais douté et la preuve, nous avons atteint la finale de la COSAFA, alors que la majorité de mes joueurs sont âgés de 15 ans seulement. Cela a été une fabuleuse aventure et ne devrait pas s’arrêter là. Nous avons écrit une page de cette histoire et il va falloir écrire la suite en lettre d’or », a-t-il déclaré.
Un travail d’équipe
Daniel Ramsamy ayant décidé de faire une pause pour des raisons personnelles, Kersley Clark a pris comme adjoint un autre ancien joueur, nommément Roddy Brelu-Brelu. « Nous sommes une équipe et c’est tous ensemble que nous avons réussi. Je remercie Roddy, Ricardo Adélia le responsable des gardiens de but, le DTN Sébastien Sirop pour ses précieux conseils, la fédération pour nous avoir fait confiance, Géraldo Mark le préparateur physique et tous les sponsors. Merci aux parents et au public présent pour tout leur soutien et dont je ne finirai jamais de remercier. Un grand merci aussi à ma famille », a déclaré Kersley Clark.
Sans les joueurs toutefois, a-t-il précisé, il n’y aurait pas eu de sélection et encore moins ces moments mémorables. « Cette performance, c’est celle des joueurs avant tout. Ils se sont investis, sacrifiés au cours de ces derniers mois sans jamais abdiquer. Bravo à eux. Je veux, une fois encore, leur dire que je suis très fier d’eux et pas seulement mon équipe et moi, mais toute l’île Maurice entière. Je leur dis un grand bravo », a souligné l’entraîneur national avec beaucoup d’émotion.
Selon Kersley Clark, le travail s’est fait avec beaucoup de sérieux et dans la discipline. Malgré la défaite en finale, il s’est dit satisfait de la détermination affichée par ses protégées. « Cela s’est vu que les Zambiens avaient plus de métier et d’expérience que nous. Ils ont d’ailleurs remporté leur match dès la première mi-temps, sauf contre nous où ils ont dû attendre la 72e pour ouvrir la marque », a-t-il précisé. Ce qui fait davantage plaisir à l’entraîneur national, c’est que ses joueurs n’ont que huit mois de préparation dans leurs jambes contrairement aux invités présents qui avaient au moins deux ans de pratique commune.
Éliminatoires de la CAN U17
Arriver en finale d’une COSAFA Cup aura été, selon lui, est un gros accomplissement. Il est d’avis que l’élément psychologique a été pour beaucoup au-delà de la grosse préparation physique, technique et tactique des derniers mois. « Nous avons bien fait comprendre aux joueurs qu’il fallait impérativement prendre du plaisir à jouer au football, tout en restant très concentrés. Ils étaient aussi conscients que le moindre petit écart coûterait très cher. Ils savaient aussi à quel point il était très important de bien entamer le tournoi. Ce qui est important, c’est que nos joueurs n’ont jamais douté, ni avant, ni pendant la compétition et encore moins avant la finale. Ils y ont d’ailleurs cru jusqu’au bout », a-t-il souligné. Motivés comme jamais, ils ont ensuite démontré une grosse force morale en renversant le Botswana après avoir été menés au score. La défaite face au Malawi n’avait aucune incidence, d’autant que Kersley Clark avait décidé de laisser souffler ceux qui étaient déjà avertis.
Une semaine après cet incroyable parcours dans cette COSAFA Cup, Kersley Clark ne veut pas s’emballer. Car pour lui, ce n’est que le départ et la route, il le sait très bien, sera parsemée d’obstacles. L’objectif prochain est de se qualifier pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations des moins de 17 ans et pour cela, a-t-il précisé, il faudra travailler deux fois plus dur. « Le potentiel est là et il n’y a aucun doute là-dessus. Nous devons continuer à travailler dans la sérénité et surtout être très patients. Car nous avons devant nous des jeunes de 15 ans et non des joueurs qui ont atteint la maturité. Je garde confiance en eux et dans toute l’équipe qui m’entoure. Je reste convaincu que si nous continuons à travailler comme nous le faisons depuis ces derniers mois, nous pourrons réaliser encore de très belles choses », a-t-il conclu.