Pour beaucoup moins que cela, des dirigeants et club ont été lourdement sanctionnés par cette même fédération

La sélection nationale de futsal est rentrée au pays mardi, après s’être retirée prématurément de la Coupe d’Afrique des Nations disputée à Laayoune, sur ordre de l’État mauricien et ce, pour des raisons purement politiques. Si un incident diplomatique a été évité de justesse, en revanche, la faute de la Mauritius Football Association (MFA) ne peut rester impunie, elle qui n’a pourtant, jusqu’ici, pas hésité à sanctionner, à tort et à travers, des dirigeants et club, pour bien moins que cela !

La MFA, et à un degré moins, le ministère de la Jeunesse et des Sports, sont tous deux responsables dans ce qui aurait pu mettre à mal les relations diplomatiques entre Maurice et la Southern African Development Community (SADC), voire même l’Union africaine. Un organisme qui, rappelons-le, avait pourtant “heavily backed” la République de Maurice devant le Tribunal International de La Haye dans le cadre de son procès menant à la restitution des Chagos.

Si le MJS a déjà émis un communiqué officiel sur cette affaire, en revanche, la MFA s’est, elle, muée dans un silence de cathédrale, comme si rien ne s’était passé. Aucune excuse, à ce jour, vis-à-vis de l’État et de la population. Car il ne faut surtout pas oublier qu’une sélection nationale de la République de Maurice a mis les pieds à Laayoune, un territoire que l’Organisation des Nations Unis ne reconnaît, ni la souveraineté du Maroc et encore moins l’occupation par la République Arabe Sahraouie Démocratique. Ce qui est très grave. Malheureusement pas pour la MFA qui, à priori, semble ne rien avoir à se reprocher !

Et pourtant. Maurice est suspendue de toutes compétitions de futsal pour deux ans par la Confédération africaine de Football, alors que la MFA aura  à payer une amende de 75 000 USD (environ Rs 2.7M). Forcément dans ces conditions, il doit bien y avoir un ou plusieurs responsables à la MFA, à commencer par son président, Samir Sobha, également vice-président du comité organisateur de cette CAN 2020. Qu’on le veuille ou non, le ou les responsables ne peuvent s’en sortir aussi facilement que cela, surtout pas après avoir mis en péril l’intégrité, la réputation, voire l’image même du pays, sur le plan continentale et même international.

La Source FE sanctionné sans être entendu !
Ceux qui ont fauté doivent faire les frais de leurs actions irréfléchies. Car pour bien moins que cela, nombreux sont les dirigeants sportifs qui ont été suspendus et mis à l’amende, à commencer par Samuel Compty. Le secrétaire de Barkly Rovers et du comité régional de Beau-Bassin/Rose-Hill entre autres, a été suspendu pour cinq ans suivi d’une amende de Rs 90 000. Pourtant, il n’avait fait qu’attirer l’attention sur certaines irrégularités. Idem pour Dharmadian Dabee (Solférino) et Saileshwar Golap (La Caverne) du comité régional de Vacoas/Phoenix.

La Source Flacq Espoir avait, lui, été contraint de ne pas disputer le championnat inter-régions après avoir été incapable de payer une amende de Rs 30 000. Une amende relative à une sanction infligée par la MFA et ce, pour avoir refusé de jouer un match de ce championnat face à Henrietta Tropic, club dont était aussi membre le président de la MFA, Samir Sobha !

Le secrétaire de La Source Flacq Espoir déplorait, à l’époque, que son club avait payé pour avoir des licences et qu’il ne pouvait affronter un club qui n’en avait pas et qui présentait lui cartes identités et passeports. Qui plus est, la Source Flacq Espoir avait été sanctionné en 24 heures seulement et ce, sans même passé par un comité disciplinaire ! Pire, cette équipe avait obtenu un délai de moins de cinq jours pour régler une amende de Rs 30 000.
Si ces derniers ont tous été sanctionnés pour bien moins que l’incident occasionné par la présence de Maurice sur un territoire occupé, alors, la MFA et ses membres doivent eux, tous démissionner sur une question de principe et d’éthique. Au cas contraire, il incomberait aux clubs membres, aux vrais dirigeants, de réclamer une assemblée générale extraordinaire, afin d’avoir, une fois pour toute, des explications. Quitte à décider ensuite de révoquer l’actuel comité directeur si, bien sûr, ils en ont le courage et s’ils ont surtout à cœur l’intérêt de la discipline.