On savait déjà que la Mauritius Football Association (MFA) est depuis belle lurette un vilain petit canard dans la gestion. Depuis des années que nous martelons aux responsables des équipes, comme à ceux qui ont gouverné ce pays, que la MFA n’est pas une association « solvent » et que sa gestion est bien plus que douteuse. Pourtant, pas plus tard que le 5 juillet dernier, le ministre de la Jeunesse et des Sports a annoncé que son gouvernement injectera la modique somme de Rs 26 millions annuellement dans cette discipline par le biais du football professionnel, comme indiqué dans une réponse parlementaire. Sans compter les sommes colossales remises à la MFA pour différentes actions, dont pour les activités des sélections nationales.
La vérité a fini par être connue de tous ceux qui jouent à la politique de l’autruche en ce qu’il s’agit de la MFA. En effet, dans un rapport publié à l’échelle en novembre 2015 et dont Week-End est en présence d’une copie, Transparency International dépeint un tableau plutôt sombre du football mondial, notamment sur la gestion des fédérations nationales de leurs affaires. Le ton est donné dans ce rapport d’une quinzaine de pages rédigé après les investigations qui sont toujours en cours sur la corruption au sein de la FIFA en Suisse et aux États-Unis :
l « This lack of transparency and accountability is unfortunately not limited to FIFA’s headquarters. FIFA does not systematically require transparency and accountability from its members, the national football associations (FAs) and the regional confederations. Any reform of FIFA will have to make that a priority. »
l « Each year FIFA hands out millions of dollars to FAs. The money is generated from two main sources : sponsors and broadcasters. They pay FIFA money because billions of fans follow football, watch it on TV, and buy football products such as balls and kits. It is the positive association with football that sponsors value and the global reach of the World Cup they pay for. The FAs generate additional revenues from local sponsorship deals, government grants and ticket sales. »
Selon cette enquête qui a été menée par Transparency International entre septembre et novembre 2015, la MFA fait partie des 168 fédérations nationales qui n’ont pas publié de rapport. La MFA fait même mieux dans ce rapport étant sur un pied d’égalité que des fédérations de football des pays comme Syrie, Tanzanie, Turkmenistan, Uganda, Uzbekistan, Vanuatu, Zambie, Qatar, Sierra Leon et même les Seychelles, entre autres. Ces derniers n’ont également pas de rapport financier, ni de charte d’organisation ni de rapport sur leurs activités annuelles, et, mieux, pas de code de conduit ou d’éthique.
Pour Transparency International, il est plus qu’important que les fans du football sachent comment les fédérations nationales gèrent l’argent qui leur est attribué par la FIFA. Face aux questions de Transparency International sur ces manquements de la bonne gouvernance, certaines fédérations nationales expliquent qu’il existe des lois dans leur pays les obligeant à rendre public leurs rapports.
Pour conclure, Transparency International rejoint Week-End sur un point que nous avons toujours milité : que les informations sur les activités des fédérations, dont le football, soient faciles d’accès.