Le recrutement du Brésilien Francisco Filho en remplacement à Joe Tshupula à la tête du Club M, n’a pas plu à tout le monde, notamment au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). À l’origine des remontrances : les conditions dans lesquelles le nouveau sélectionneur est entré en poste à Maurice. « Vous imaginez que le ministre a appris à la radio que le Brésilien était à Maurice pour entraîner le Club M », s’offusquent certains au ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette situation s’ajoute à la relation déjà exécrable qu’entretiennent la Mauritius Football Association (MFA) et ce ministère. Le MJS considère désormais que l’attitude « aucun compte à rendre » de la MFA n’est plus acceptable. Nous apprenons qu’une réunion urgente est annoncée pour cette semaine entre les dirigeants des deux instances.
C’est la grosse colère actuellement au ministère de la Jeunesse et des Sports. Le ministre Stephan Toussaint se sentirait même un peu « humilié » suite au « manque de considération » de la MFA, qui a « joué en solo » dans le choix du Brésilien Francisco Filho, désigné comme sélectionneur du Club M en remplacement au Belge aux origines congolaises, Joe Tshupula. Selon nos informations, une fois que l’annonce de l’arrivée de Francisco Filho à Maurice a été faite, le MJS a vérifié les courriers que la Football House lui a envoyés pour déterminer s’il existe une quelconque indication que la MFA avait l’intention de remplacer Tshupula par Filho. Cet exercice s’est révélé vain, d’où le fait qu’au 8e étage du Citadel Mall le sentiment est que la MFA joue un drôle de jeu avec le ministère.
La colère du MJS vient également du fait que le ministère dit avoir investi quelque Rs 50 millions dans cette discipline durant la dernière année financière, dont Rs 26 millions pour le football professionnel et Rs 14 millions pour les équipes régionales. Ainsi, au ministère des Sports, tous les dossiers où la MFA a eu une attitude cavalière ont été déballés. En tête de liste, on retrouve celui de la Sports Act 2016. À l’Assemblée nationale, le ministre avait, suite à une question parlementaire de Franco Quirin, confirmé que la MFA n’est pas en conformité avec la loi. Ce que Week-End a à maintes reprises relevé.
 Humiliation de la République
 Mais il y a bien plus grave dans cette relation tumultueuse entre la MJS et la MFA. « Pour les Jeux de la Francophonie, où la République s’est fait humilier, la MFA n’a rien fait pour présenter une équipe digne à ces jeux », évoque-t-on au ministère des Sports. Le sentiment exprimé par le MJS envers la Football House est mitigé, d’autant qu’en haut lieu, il est considéré que « la MFA pense qu’elle peut tout se permettre, y compris de ne pas respecter la loi ».
Mais la polémique sur le recrutement d’un nouveau sélectionneur ne s’arrête pas là. Bien que Francisco Filho a été présenté en grande pompe par la MFA, le Brésilien se retrouve à Maurice avec un visa de touriste et n’a, de ce fait, pas de permis de travail pour exercer comme entraîneur du Club M. « Sans l’aval du MJS, la MFA ne peut obtenir de « Work Permit » pour Filho », laisse-t-on entendre à Week-End. Qu’en est-il du déplacement imminent de la sélection mauricienne en Inde ? Après deux réunions de travail avec Samir Sobha, président de la MFA, et son équipe, il semble qu’aucun dossier concernant le football n’avance dans la bonne direction. L’avenir paraît donc incertain.
L’arrêt de la Mauritius Professional Football League n’arrange en rien à cette situation critique. « La MFA fait preuve d’amateurisme dans la gestion. C’est inadmissible à un moment que tout le monde est appelé à rendre des comptes et à être plus transparent », explique-t-on. Le dénouement de la réunion entre la MFA et le MJS cette semaine s’avère décisif pour la suite.