La football mauricien, notamment Mauritius Football Association (MFA), est actuellement en plein remue-ménage. Pourtant le renouvellement de l’exécutif du Château n’est pas avant deux ans, mais déjà, nous assistons à toute une série d’événements qui pousse à conclure qu’effectivement quelque chose se trame dans les allées du Château. Il y a eu d’abord la nomination successive du vieux sage Burdwaz Mungur au sein de la direction de la MFA, puis celle de Jay Bhunjun, animateur de tous les combats sur les réseaux sociaux contre cette même MFA  comme Communication and Marketing Manager. Une nomination qui est pour le moins le plus cool dans l’histoire de la MFA, parce que sur un sujet au moins, la communication, Jay Bhunjun ne fait rien. Alors là absolument rien, puisque ce n’est même pas lui qui agit comme courroie de transmission entre la presse et la MFA.
Puis il y a eu cette tentative, mal orchestrée, d’un éventuel passage du leader du groupe de l’opposition dans le camp de Samir Sobha par le biais d’une nomination à la présidence d’un comité technique. Une démarche vite balayée par Anwar Elahee et qui nous pousse aussi à dire que finalement  c’est dans l’opposition que se trouvent les compétences et non dans l’équipe hétéroclite de Samir Sobha. En fait, les mouvements notés à Trianon ou ce tentative de placer des pions n’est pas un fait du hasard.
Samir Sobha et son « think tank »
En effet, outre les points que nous venons d’avancer, l’information circule aussi à l’effet que Samir Sobha et son « think tank » se sont mis dans un « mood électoral ». Pour preuve, Trianon a décidé de réactiver le dossier du regroupement des clubs qui évoluent dans la ligue professionnelle. Le regroupement demandé par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) aux premières heures de la création d’une ligue professionnelle à Maurice n’a jamais vu le jour, même  au départ  Mario Monty — aujourd’hui absent de la scène en raison de ses problèmes de santé — avait tenté de le mener à bon port. Mais le président de Petite Rivière Noire s’est toujours heurté à une farouche opposition de Georges Chung, soutenu à l’époque par Samir Sobha. Ce dernier voyait, avant tout, dans cette démarche une possibilité de se faire éjecter de son poste de président du fait que la FIFA avait aussi demandé que seuls les représentants de cette association soient cooptés au sein du comité directeur de la MFA.
Aujourd’hui, l’information fait le tour de tous les bureaux de la MFA de l’activation de l’association des clubs pro à Maurice. Nous apprenons aussi dans la foulée que le « think tank » de Samir Sobha a déjà trouvé un président en la personne de Barlen Sengayen, celui-là même qui sait comment souffler avec perfection le chaud et le froid au Château de Trianon. Qu’est qui explique le retour de cette association et pourquoi Barlen Seengayen comme président?
En réponse à la deuxième question, il revient que Samir Sobha cherche à caresser dans le sens du poil ce bouillant membre qui ne cesse de faire non seulement des arrangements avec l’opposition, mais sait aussi comment faire courber l’échine au président de la MFA. Car outre la présidence de l’association des clubs pro, Barlen Seengayen a été aussi nommé Team Manager du Club M. A ce titre, il sera de tous les voyages de la sélection nationale, même si l’éthique de la FIFA interdit à tout membre du comité directeur d’une fédération nationale d’être le Team Manager de la sélection nationale. Il n’y a pas que cela dit-on à Trianon.
Une démarche qui date
A la première question, la réponse qui explique cette démarche est que Trianon serait en situation de rupture avec Georges Chung et la Mauritius Professionnel Football League (MPFL). Une démarche qui ne date pas d’aujourd’hui puisque ce n’est un secret pour personne que la saison 2015-2016 a failli prendre du plomb dans l’aile avec la menace de Georges Chung de se retirer de l’affaire, mais qui est revenu à la toute dernière minute à des meilleurs sentiments. Mais la rupture s’est amplifiée il y a deux semaines avec, après ce que notre interlocuteur a qualifié «d’importante prise de becs» entre Georges Chung et Didier Pragassa, le secrétaire général de la MFA.
Selon nous information, la raison de cette discussion, houleuse ou pas, entre le directeur de la MFA et la main droite du président de la MFA trouve son origine dans un trou financier de l’ordre de Rs 1.8 million. L’existence de ce trou, comme la discussion houleuse, a été confirmée à Week-End par une source proche du MPFL. Notre interlocuteur explique que la MFA n’a toujours pas transféré cette somme de Rs 1.8 million — qui représente la dernière tranche d’un paiement en provenance des fonds alloués par le MJS pour le football professionnel — dans les caisses de la MPFL. En effet, lors d’une réponse à une question parlementaire du député Franco Quirin en septembre dernier, le ministre Yogida Sawmynaden avait effectivement affirmé que le MJS a accordé la somme de Rs 16 millions pour le championnat pro.
Où est cet argent? Personne ne peut le confirmer pour l’heure, mais dans les coulisses, on analyse que c’est l’excuse tout trouver pour la MFA de mettre en place sa stratégie de rupture avec Georges Chung et la MPFL.