Le Collectif Sauve Nou Football (CSNF) mis sur pied en décembre dernier et qui regroupe 34 clubs – selon un de ses porte-paroles Raphaël Spéville – compte déposer une motion de blâme contre le comité régional d’ici deux semaines. Une situation rendue nécessaire, a indiqué Raphaël Spéville, en raison du fait que le comité régional n’a pas cru bon de répondre à leur demande pour la tenue d’une assemblée générale spéciale.
Pour Raphaël Spéville, actuellement à Maurice, il est clair que le comité régional est en train de bafouer la démocratie en  n’accédant pas à la demande de 34 clubs d’organiser une assemblée générale spéciale pour discuter des problèmes auxquels fait face le football rodriguais. « Nous avons adressé une pétition au comité régional, signée par 34 clubs, il y a deux mois . Nous avons clairement fait comprendre que nous voulions une assemblée générale spéciale pour discuter de la situation dans laquelle se trouve notre football. Nous voulions voir dans quelle mesure on pouvaient aider, en collaboration avec le comité régional, pour remettre le football sur de bons rails », a fait remarquer Raphaël Spéville.
Selon lui, une copie de la pétition a été envoyée à la Mauritius Football Association (MFA) qui a, elle, confirmé réception de la lettre a indiqué Raphaël Spéville. « C’est ce que le comité régional n’a pas fait. Deux mois se sont écoulés et le comité régional n’a toujours pas cru bon de nous faire part de sa position par rapport à l’organisation d’une assemblée générale », a-t-il ajouté. Selon lui, le CNSF prône la transparence et le respect de la démocratie d’où sa décision d’aller de l’avant avec une motion de blâme. « C’est la seule issue restante. Nous avons prôné le dialogue, mais le comité régional a fait la sourde oreille. Nous ne pouvons plus rester les bras croisés « , a souligné Raphaël Spéville.
Pour ce dernier, il y a beaucoup trop de problèmes actuellement qui gène la bonne marche du football rodriguais. Il a ainsi attiré l’attention sur le cas Lataniers, champion de Rodrigues 2011-12, qui n’a pas participé à la MFA Cup, comme le stipulent les règlements. A la place, c’est une sélection de Rodrigues qui avait fait le déplacement l’année dernière. Ce club a d’ailleurs indiqué qu’il ne participera pas au tournoi qu’organise le comité régional pour désigner le participant de l’île à la présente MFA Cup (voir plus loin).
Raphaël Spéville a aussi déploré la décision du comité régional d’organiser un championnat de première division en aller-retour et avec la participation de 16 clubs. « Que voyons-nous aujourd’hui ? Nous ne sommes même pas à la moitié du championnat que le comité régional envisage de changer les règles en cours de route. Aux dernières nouvelles, on veut résumer le championnat à une ligue simple », a-t-il déploré.
La MFA alertée
Pour ce dernier, il est grand temps de mettre de l’ordre dans le football rodriguais. « J’ai sollicité une rencontre avec le président de la MFA (Vinod Persunnoo) pour lui parler de la situation. Car nous estimons que la fédération doit assumer ses responsabilités en y aidant à mettre de l’ordre », a fait ressortir Raphaël Spéville. Selon lui, le CNSF est composé des amoureux du sport roi. « Nous avons décidé de bouger et de venir de l’avant, car nous ne pouvons critiquer et ensuite rester les bras croisés.  » Il a ajouté que ses membres et lui prônent la transparence et la démocratie et que l’objectif est de prendre en main les destinées du football rodriguais.
Selon Raphaël Spéville, le CNSF a beaucoup d’idées à faire passer et pour cela, a-t-il souligné, il est important que tous les amoureux du football, aussi bien que les partenaires, dont la Commission des Sports, travaillent en étroite collaboration. Il est aussi d’avis que la MFA devrait accorder plus d’attention au football rodriguais, lequel regroupe plus de clubs féminins (18) que Maurice. « C’est dommage que la MFA n’ait pas encore trouvé bon d’organiser une formation de Licence C de la CAF (Confédération africaine de Football), pour les entraîneurs à Rodrigues », a-t-il déclaré. Il a ajouté que le gouvernement devrait aussi venir en aide aux clubs de Rodrigues comme il le fait pour les clubs mauriciens. « Nous ne demandons pas la même somme, mais qu’on nous donne au moins le minimum. Car nous estimons aussi mériter du soutien de l’État », a-t-il précisé.
A la question de Week-End de savoir les raisons de la démission de deux membres du comité régional, à savoir Claudino Perrine et Christopher Raboude, qui ont ensuite rejoint le CNSF, Raphaël Spéville a indiqué que peut-être ces derniers ne se sentaient pas à l’aise au sein de cette équipe. « Au moins, ils ont eu le courage de démissionner. J’ajouterai que ces deux membres sont très à cheval en ce qui concerne la transparence et la bonne gouvernance », a-t-il conclu.