La Fondation pour la Formation au Football (FFF) poursuit sa quête de fonds pour le développement du football des jeunes. Selon son président, Vincent Rogers, chaque année, il faut réunir dans l’idéal, un budget de Rs 25 millions pour faire fonctionner 70 écoles de foot, 13 centres techniques régionaux et le Centre Technique National François Blaquart (CTNFB). Une somme qui, le reconnaît volontiers Vincent Rogers, est difficile à réunir du jour au lendemain.
« L’activité de fund raising est par définition extrêmement demanding. Pour atteindre son objectif, la FFF a sans doute besoin d’une équipe de professionnels pour ratisser très large pour récolter des fonds et surtout s’assurer qu’ils sont utilisés à bon escient », indique Vincent Rogers. Et celui-ci d’ajouter que la FFF ne devrait pas être la seule source de financement des projets que la Mauritius Football Association (MFA) met sur pied. Mais reste que les fonds ne sont pas si faciles à trouver. « La FFF se sent parfois un peu seule face à l’ampleur de la tâche », dit Vincent Rogers.
Si la MFA peut obtenir aujourd’hui du financement CSR (Corporate Social Responsibility) pour ses projets de jeunes à travers des véhicules tels que la FFF, elle doit aussi pouvoir trouver des moyens à travers le sponsoring sportif qui provient du budget marketing des entreprises. « Dans le cas du sponsoring sportif, les compagnies investissent et s’attendent à un retour sur investissement, car elles utilisent le football comme moyen de communication et doivent justifier ce choix stratégique », précise notre interlocuteur.
Mais pour obtenir des fonds des compagnies privées, il est essentiel, selon Vincent Rogers, que la fédération soit stable. « La stabilité au sein d’une fédération aide à sa crédibilisation et lui donne la possibilité de créer des partenariats à long terme avec le privé pour financer le développement durable d’un sport », explique le président de la FFF et du CTNFB.
Il est clair que la FFF ne peut investir qu’en fonction des moyens dont elle dispose. Et forcément, si les moyens ne sont pas suffisants, certains projets ne peuvent être réalisés. « Bien sûr, on est encore loin du compte, mais c’est vrai que nous  avons mis la barre très haut. Il faut surtout continuer le travail commencé et consolider les acquis des deux dernières années », précise Vincent Rogers.
Il semble que certaines compagnies sont un peu frileuses à l’idée d’apporter leur aide au développement du football en raison du manque de stabilité de la fédération. Le fait que la MFA ait connu quatre « présidents » différents en 12 mois, ne rassure pas les éventuels donateurs. Vincent Rogers espère cependant qu’avec l’arrivée de Samir Sobha à la présidence « locale », les choses évolueront dans la bonne direction sachant que la MFA bénéficie à présent d’un jeune dirigeant élu totalement focalisé sur le football local et surtout très disponible pour descendre sur le terrain.
Par ailleurs, le président de la FFF et du CTNFB a plaidé pour que le Directeur Technique National (DTN), Christophe Desbouillons, puisse assumer ses responsabilités de DTN jusqu’à la fin de son contrat en juin. Pour lui, le salaire du DTN est davantage un investissement qu’une dépense. « Il est bon de savoir qu’à Maurice, le DTN participe lui aussi au démarchage des entreprises pour récolter des fonds et que le DTN actuel travaille en ce moment sur plusieurs projets qui sont très avancés mais pas encore totalement finalisés avec le Privé. Son départ prématuré risquerait de compliquer les choses même si personne n’est indispensable », note Vincent Rogers.
Ceci dit, pour celui-ci, le DTN devrait être d’abord le bras droit technique du Président de la fédération. « Le DTN doit surtout aider les élus – en les éclairant par rapport à une logique technique – à prendre des décisions qui garantiront le développement durable du football à Maurice. C’est un travailleur de l’ombre, plus un chef d’orchestre qu’un homme orchestre vu l’ampleur de sa tâche », dira Vincent Rogers. Selon notre interlocuteur, la direction technique comporte environ 200 techniciens et éducateurs qui doivent travailler de manière cohérente par rapport aux objectifs fixés par la MFA. « Le DTN est responsable d’une équipe de plus de 200 techniciens qui a la lourde tâche de mettre en pratique les programmes de développement fédéraux généralement avec des moyens nettement inférieurs aux besoins. Sans compter qu’il faut qu’il organise régulièrement des remises à niveau afin de permettre à son équipe de grandir et de mûrir », ajoute Vincent Rogers.
Celui-ci n’est pas contre l’idée que le poste de DTN soit occupé par un Mauricien mais se demande si dans le contexte actuel, cela n’est pas prématuré. « Les DTN étrangers sont plus aguerris aux exigences du haut niveau. Les techniciens mauriciens n’ont malheureusement pas beaucoup l’occasion d’être exposés à ces mêmes exigences. Cela dit, ayant côtoyé des DTN tels que François Blaquart et Jean-Michel Bénézet, je peux affirmer que les techniciens mauriciens qui ont travaillé avec eux ont beaucoup appris et que tôt ou tard, il faudra leur donner leur chance », confie le président de la FFF et du CTNFB.
Mais pour Vincent Rogers, le plus important reste – pour le moment – de chercher les moyens pour mettre en oeuvre les projets de développement du football à Maurice et de s’assurer que la MFA, l’état et le Privé poussent dans la même direction et partagent le même rêve concernant notre sport Roi….