Qui ne connaît pas l’histoire du garçon qui criait au loup ?  Quand les prophètes de malheur ne se comptent plus, la véritable alerte pourrait s’avérer inutile. Beaucoup se posent des questions quant au risque d’un « black-out » dans le pays, mais nous ne faisons pas toujours l’effort de comprendre ce que ce mot qui fait si peur veut dire. Il est plus juste de parler d’un probable manque au niveau de la fourniture électrique.    
              (voir  HYPERLINK « http://www.lemauricien.com/article/black-out-explique-ma-fille-et-mon-fils »
 HYPERLINK « http://webtv2.defimedia.info/blog/item/56875-un-black-out-explique-a-ma-fille-mon-fils.html »
Or l’heure n’est ni à la panique et encore moins à la psychose, mais à la responsabilisation de chacun et de tous. Sinon, ce déficit entre l’offre et la demande que nous pouvons éviter peut devenir un « self-fulfilling  prophecy ».
Le rapport de la National Energy Commission (NEC, 2013)  est édifiant.  D’abord, il démontre que l’Integrated Electricity Plan (IEP) du CEB reposant absolument sur l’introduction de CT Power en 2015 est un « non-starter ».  Conséquemment, notre réserve de capacité, qui est l’équivalent de la marge de manoeuvre que nous avons pour éviter des coupures partielles afin de satisfaire la demande, devient dangereuse dès janvier 2015, sinon des mois plus tôt. Le Tableau 1 nous montre une réserve de -7% alors que normalement elle doit être de -5% au maximum.  
Or que s’est-il passé pour que le malheur n’ait pas lieu ? D’abord, la demande de pointe maximale a été moindre, soit de 457 MW jusqu’ici au lieu des 475 MW prévus.  Ensuite les 22 MW de Beau Champ restent en opération. Il faut y ajouter les 3 MW de Mare Chicose, les 10 ou 12 MW de photovoltaïques qui tombent à pic pendant les jours de forte chaleur ensoleillée ou encore les efforts non-négligeables de maîtrise de la demande de part et d’autre. On peut aussi penser que le CEB est passé maître dans l’art de gérer de telles situations potentiellement explosives…mais à quel prix ?