Malgré la décision pour un statu quo en attendant le verdict de la Cour européenne des Droits de l’Homme annoncée pour la mi-2012, le retour des Chagossiens dans leur archipel natal continue de hanter le gouvernement britannique. Pas plus tard que la fin de la semaine dernière, le Foreign and Commonwealth Office s’est en effet retrouvé en présence d’une demande formelle en faveur du Resettlement des Chagossiens dans les îles de l’archipel, autres que Diego Garcia. Cette démarche est intervenue dans le cadre des consultations pour la publication d’un White Paper on Overseas Territories par Whitehall prévu cette année.
L’exercice de consultations, lancé par le Foreign Secretary britannique William Hague à la Chambre des Communes le 14 septembre dernier et clos depuis le 31 décembre, avait pour objectif de « seek views from people in the Overseas Territories and the United Kingdom on implementing the goals of the strategy to strengthening the engagement and interaction between the UK and the Territories ». L’un des intervenants dans ce débat, au nom des exilés de l’archipel des Chagos, est l’UK Chagos Support Association (UKChSA), avec cette demande sans équivoque pour un retour des Chagossiens dans leur archipel.
Ces consultations initiées par le Foreign and Commonwealth Office s’articulent autour d’une série de Leading Questions quant à l’avenir des Overseas Territories britanniques, dont le contesté British Indian Ocean Territory, revendiqué de manière légitime par Maurice. À la première interrogation de Whitehall au sujet des « main challenges facing your territory », l’UKChSA soutient avec force que « the repatriation and resettlement of the islanders who were illegally expelled between 1968-73 is the paramount aim of the Chagossian community and their supporters ».
Comme pour mieux situer l’enjeu politique de ce retour des Chagossiens, les animateurs de l’UKChSA soulignent que « we would remind the UK government that the right to return to the outer islands was restored by Robin Cook in November 2000 but withdrawn by the FCO in June 2004 by use of the Royal Prerogative ». Développant leur argumentation, ils ajoutent que dans la conjoncture, Londres n’a qu’une seule alternative, en l’occurrence d’abandonner les procédures d’appel devant la Cour européenne des Droits de l’Homme contre le jugement de la Haute Cour de Londres en faveur du retour des Chagossiens.
« We believe that HMG should cease its opposition to the return of the Chagossian people to their homeland, a homeland from which they were illegally expelled. This would include the UK government withdrawing its defence against the case which is currently before the ECHR. Whilst we believe that the people of the Chagos islands would seek to build strong relations with the UK following resettlement, it is too early to speak about building cooperation whilst the UK government continues to uphold the exile of BIOT’s indigenous people and prevents them from returning to their homeland », font-ils ressortir en mettant l’accent sur l’exil imposé aux Chagossiens depuis les années 70.
Les membres de l’UKChSA sont d’avis que le « Resettlement » ne devrait poser aucun problème impossible à surmonter. « We in the UKChSA believe (a belief that is evidentially supported) that a viable resettlement is possible but will require limited government support and funding. We in the UKChSA, believe that an initial ecologically sustainable community could be established as a ‘bridgehead’ on the outer islands. BIOT’s people ask only for parity of support with the people of other UK overseas territories (Pitcairn, Tristan da Cunha are remoter than BIOT, for example and have tiny populations yet receive substantial governmental support) », soutiennent-ils.
L’UKChSA dénonce la décision d’expulser les Chagossiens de leur archipel pour accueillir une base américaine au coeur de l’océan Indien comme un déni des droits de l’Homme. Et d’estimer que le moment est venu pour Londres de se racheter avec une initiative sur le plan du respect des droits de l’Homme.
« The eviction of the indigenous population of BIOT in order that Diego Garcia could be made available to the US is a clear failure of UK policy towards the people of one of its overseas territories. We believe that by restoring the right of abode of BIOT’s indigenous population, the British government would send a strong and positive human rights message globally that we no longer operate double standards, despite decades of the violation of the fundamental human rights of the Chagossian people », conclut le document de l’UKChSA, qui peut être consulté sur le site internet du Foreign and Commonwealth Office jusqu’au 1er juillet prochain.