Bien que peu connu, le métier de technicien en architecture offre de multiples perspectives. À Maurice, seule la Rushmore Business School (RBS) dispense cette formation de trois ans. Et contrairement au métier d’architecture, qui requiert au minimum six années d’études, une fois sa licence en poche, un technicien en architecture est habilité à travailler. Pritesh Bissonauth, chargé de cours à la RBS et un des premiers Mauriciens à détenir ce diplôme, nous parle de ce nouveau créneau porteur.
En 2007, Pritesh Bissonauth était parmi les premiers Mauriciens à détenir un diplôme en Architectural Technologist après ses études à la Leeds Metropolitan University en Angleterre. À Maurice, cela fait à peine six mois que cette formation est dispensée. Pourtant, indique le chargé de cours à la RBS, le rôle du technicien de l’architecture est essentiel. En plus de préparer des dessins de présentation et des maquettes d’après les esquisses de l’architecte, souligne-t-il, le technicien en architecture accomplit diverses tâches : il supervise les projets, analyse les rapports techniques, participe au calcul des coûts et à la préparation des appels d’offres, et supervise, au besoin, les travaux sur le chantier.
À noter que les jeunes souhaitant poursuivre des études en architecture se rendent plus souvent à l’étranger car peu d’institutions offrent cette formation ici. Pour devenir un architecte confirmé, un jeune doit poursuivre au minimum six années d’études, outre l’expérience et l’enregistrement en tant que Chartered Architect. Ainsi, explique M. Bissonauth, le technicien de l’architecture est le métier le plus rapproché à celui de l’architecte. « Les gens ont souvent l’impression qu’un technicien est une personne qui travaille sous les ordres de l’architecte et qui ne possède pas de formation particulière dans ce domaine. La différence entre les deux s’établit surtout au niveau des responsabilités professionnelles », explique Pritesh Bissonauth. Et d’ajouter : « Il doit favoriser une approche conceptuelle et créatrice grâce à laquelle le futur technicien deviendra apte à imaginer des solutions pratiques et efficaces aux problèmes rencontrés dans la construction d’un édifice. »
Selon la loi, après quelques années d’expérience, le technicien peut travailler de manière autonome à la réalisation d’une maison unifamiliale ou d’un bâtiment commercial de moins de 300 m2.
Ces personnes contribuent à la réalisation d’un projet d’architecture ou le réalisent et ce, dans les limites de la loi relative aux architectes, de la loi régissant les ingénieurs, de celle sur la sécurité dans les édifices publics et du Code des professions. Ainsi, elles peuvent produire des dessins et du matériel de promotion, concevoir des détails de construction, rédiger le cahier des charges, estimer le coût des travaux, coordonner des travaux de construction, constater l’état d’un bâtiment, vérifier la conformité d’un bâtiment aux lois, aux normes et au Code de construction et contribuer à la qualité du patrimoine architectural.
Actuellement, 13 étudiants sont enregistrés à la Rushmore Business School et pour la nouvelle année académique 23 jeunes se sont déjà inscrits. L’institution dispose de salles spécialisées pour assurer la formation théorique et pratique. Les modules proposés sont entre autres, design, domestic construction, legal framework et material sciences.