Une centaine d’aspirants médecins ayant déjà leur diplôme, regroupés au sein de l’association des étudiants en médecine, veulent être exemptés de l’examen que leur fait passer le Medical Council pour faire leur internat, et qui leur ouvre la voie à la pratique médicale. Ils s’indignent d’être soumis à cet examen « de trop », estimant que tous les aspirants médecins n’ont pas été traités sur le même pied d’égalité.
« Nou ena linpresion ki Medical Council fonksionn kouma enn kartel. Zis enn ti group aspiran medesin ki gagn lokasion fer zot interna san bizin pran par dan enn lexamin ! » s’indigne Giovanni Terasawmy, qui s’est fait le porte-parole de ses amis. Il intervenait vendredi au centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis, lors d’une rencontre avec la presse, entouré d’une cinquantaine d’autres aspirants médecins.
« En 2015, un groupe de diplômés en médecine débarque à Maurice après leurs études et une partie d’entre eux ont pu accéder à leur internat sans passer aucun examen, se faire enregistrer comme médecin au Medical Council et commencer à exercer comme médecin. Certains, à l’instar de mon ami Nawfar Bauccha, qui est là aujourd’hui avec nous, ont choisi de ne pas faire leur internat pour repartir se spécialiser. Mal leur en a pris car à leur retour, le Medical Council leur a imposé, ainsi qu’à tous ceux qui sont venus après, un examen pour pouvoir faire leur internat, et ce malgré leur diplôme », s’est-il indigné. « On ne comprend pas cet examen avant l’internat alors qu’on sort fraîchement diplômé et que, tout de même, il y a un examen après l’internat avant l’enregistrement, ce qui est tout à fait justifié » a concédé Giovanni Terasawmy.
L’aspirant médecin a ensuite dénoncé les « manquements » du Medical Council dans l’organisation de ces examens d’internat : incertitudes sur le programme d’études (syllabus), communication du manuel à un petit groupe uniquement, disponibilité des manuels deux semaines après les examens et enfin hésitations sur l’examination body (indien, mauricien puis australien), et après les examens, pas de « result-slip » avec des points, mais juste des « passes », entre autres. « Pourquoi autant de manque de transparence de la part du Medical Council ? Eski finn fini deside ki pou passe ki pa pou passe ? » s’est-il interrogé.
Giovanni Terasawmy a également dénoncé une « campagne médiatique malsaine » contre certaines institutions médicales de formation étrangères, principalement des pays de l’est. « Pe denigre zot alor li ena ki la depi 120 an ek ki ena dan Moris bann docter ki zot finn forme ki finn fer zot prev », a-t-il argué. Il a néanmoins félicité le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, lui-même médecin, qui a pris la décision de leur permettre de faire un stage (« on placement ») dans les hôpitaux publics. « Mais ce n’est pas un internat et c’est sans rémunération », a-t-il précisé. « Ce n’est pas fini. Après le diplôme, après l’examen avant l’internat, après celui après l’internat, il y a un troisième pour ceux qui aspirent à travailler comme médecin dans les hôpitaux du gouvernement. Celui-ci est organisé par la Public Service Commission (PSC). Si ce n’est pas de la discrimination contre les jeunes, c’est quoi ? » s’est-il demandé.
Auparavant, Jamaal Jeetun, un autre porte-parole de l’association, a expliqué ce qu’est l’internat. « En tant qu’interne, nous ne prenons aucune décision concernant le patient. Nous travaillons toujours sous la supervision d’un généraliste, d’un spécialiste ou d’un consultant. La vie du patient n’est à aucun moment en danger ! » a-t-il expliqué.