La Commission Éducation MMM dresse un constat sévère après une analyse approfondie ces derniers mois du secteur Technical and Vocational Education & Training (TVET). « Un secteur à la dérive à cause d’une absence de vision, de convictions et de volonté politique » a dit Steve Obeegadoo, président de cette instance du MMM hier après-midi lors d’une conférence de presse. Il a demandé au gouvernement de convoquer le plus vite possible une assemblée de tous les stakeholders concernés en vue de donner un nouveau souffle à ce secteur.
Steve Obeegadoo reconnaît que le modèle des années 80-90, inspiré du système singapourien, a été une success story pour le développement du pays mais aujourd’hui, dit-il, la formule est dépassée et ne répond plus aux besoins des employeurs. « Sa model-la inn fer so lepok. Ce secteur de la formation est de plus en plus le parent pauvre du ministère de l’Éducation. Nous lançons un cri d’alarme » a dit le président de cette Commission Éducation. Si le MMM s’en inquiète c’est en raison des conséquences sur l’emploi et de manière générale sur le développement économique du pays. Steve Obeegadoo cite quelques faits : recours à la main d’oeuvre étrangère dans le secteur privé en raison de l’absence de compétences au plan local en se référant à un rapport du Human Ressource Development Council à ce sujet ; manque de compétences aussi dans le secteur public selon un rapport de la Banque Mondiale ; taux de chômage élevé chez les jeunes de 16 à 24 ans ; taux de chômage élevé parmi ceux qui ne détiennent pas le SC et le CPE ; l’offre pour la formation technique n’arrive pas à satisfaire les demandes. « Ce sont là quelques indications qui nous font dire que le navire prend eau de toute part ».
La Commission Éducation note un dysfonctionnement à tous les niveaux et en a identifié quelques causes. Selon Steve Obeegadoo, le volet “Développement des Ressources Humaines” ne figure plus dans l’organigramme du ministère de l’Éducation. « Il n’y a plus d’unité spéciale qui s’occupe de ce dossier ni de PAS désigné pour s’en occuper. En l’absence d’un plan directeur et faute de vision il y a une approche fragmentée pour la formation. Sakenn fer enn tibout dan so minister a tel pwen ki sa finn kondir a enn rekil de sa sekter-la », constate Steve Obeegadoo. La Commission Éducation déplore aussi l’abolition des deux écoles polytechniques et que Steve Obeegadoo qualifie de « maillons manquants » dans la formation aujourd’hui. Selon cette commission l’University of Technology est « en dérive totale » et a dévié de ses objectifs premiers. Quant aux autres institutions, selon le parti mauve, leur programme de formation n’est pas adapté au monde du travail car trop théorique. « L’orientation théorique des apprentissages scolaires et universitaires contribue à l’inadéquation de l’offre et de la demande du monde du travail » dit le président de la Commission Éducation. Cette instance ajoute que la fusion de l’Industrial and Vocational Training Board/Technical Schools Management Trust Fund a donné lieu a un « cafouillage et à un désordre institutionnalisé ». La Commission dénonce aussi la « cacophonie » qui règne au niveau des attributions de la Tertiary Education Commission et de la Mauritius Qualifications Authority en raison des tâches qui se chevauchent. « Sakenn mars lor lipie so kamarad et tousala fer ki ena dezord dan sekter formasion » soutient Steve Obeegadoo.