• La plateforme syndicale manifestera à Phoenix le 24 juin
  • « Les cours sont dépassés », disent les formateurs

Le secteur de la formation professionnelle (TVET) est-il le parent pauvre de l’éducation ? En dépit des déclarations d’intention de la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, qui dit vouloir « valoriser la formation technique », le personnel du Mauritius Institute of Training and Development (MITD) se dit « frustré ». Cours « dépassés », infrastructures qui laissent à désirer, système informatique en panne depuis un an et “scheme of service” attendant d’être revu depuis 10 ans… Autant de problèmes que déplore la plateforme mise en place pour soutenir les employés du MITD.

L’Union Staff of MITD (USMITD) bénéficie du soutien du Mauritius Trade Union Congress (MTUC) et des Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBOU) dans ce combat. Selon Sailendra Makhan, président de l’USMITD, les employés de cet organisme attendent leurs nouvelles conditions depuis… 2009. « Nous avons eu une rencontre avec la ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun le 24 décembre 2018 et elle nous avait promis qu’au 30 mars de cette année, la structure du MITD ainsi que les “schemes of service” seraient revus. Mais à ce jour, il n’y a rien eu. D’où notre décision d’organiser une manifestation le 24 juin prochain, devant le bureau de la ministre, à Phoenix », dit-elle.

Dans le sillage de la réorganisation, il était question que les Training Offiers, recrutés sur une base contractuelle, occupent un poste « permanent » et « pensionable ». Toutefois, ceux ayant un statut “d’Instructors”, faisant le même travail, se retrouveront lésés. Ainsi, le syndicat réclame que tout le monde soit logé à la même enseigne, soit en tant que Training Officers. « En d’autres mots, nous demandons de faire comme tel a été le cas pour le primaire, où tous les enseignants sont devenus des “Educator, car tel que c’est actuellement, avec deux groupes d’employés, faisant le même travail, pour deux salaires et conditions différents, il y a une grande injustice », déplore le syndicat.

Au-delà de la situation des formateurs, la plateforme syndicale dénonce le « non-renouvellement » des cours offerts. « Les formations sont dépassées. Il faut s’adapter aux besoins du moment. Avec l’application de cinq “credits” pour accéder au HSC, beaucoup d’élèves n’ayant pas ce niveau se sont tournés vers le MITD pour une formation professionnelle. Qu’avons-nous à leur proposer ? Les mêmes cours traditionnels. Le centre de Beau-Vallon devrait être transformé mais il paraît que ce ne sera qu’une extension de l’école hôtelière. Il faut élaborer de nouveaux cours pour répondre aux besoins de ces jeunes », dit-elle.

Dans la foulée, le syndicat dénonce également l’état des infrastructures. « Certains centres sont dans un état déplorable. Sans compter les manquements au niveau des équipements », indique-t-il. Pour démontrer cette situation de laisser-aller, la plateforme cite en exemple le Management Information System, utilisant ORACLE, en panne depuis l’année dernière.

« Le système a crashé et même les informations qui y étaient stockées ne peuvent être retracées. Actuellement, tous les documents relatifs à l’approvisionnement et à la finance, entre autres, sont faits manuellement », souligne-t-on. Le syndicat réclame une enquête à ce sujet « afin de situer les responsabilités ».

Deepak Benydin, président de la FPBOU, qui apporte sa collaboration à la plateforme, indique que, depuis la transformation de l’IVTB en MITD, un travail « aurait dû être fait pour une nouvelle structure de l’institution ». Il ajoute : « Mais tel n’a pas été le cas. Nous avons attiré l’attention à plusieurs reprises à ce sujet mais rien n’a été fait. Avec le budget et le PRB, qui arrive, les travailleurs sont doublement perdants. »

Naseema Carimbacor avait, elle, eu recours à l’Employment Relations Tribunal pour chercher justice. « Selon l’Award de l’ERT, j’aurais dû être promue Training Officer mais, aujourd’hui, le MITD se sert du State Law Office pour demander une “judicial review”. C’est injuste, alors que la cour a reconnu mes droits », dit-elle. Dewan Quedou, président du MTUC et membre de la plateforme, plaide, lui, pour que le ministère vienne de l’avant avec un nouvel organigramme pour le MITD. « Il y a plusieurs postes temporaires, sous contrat, qui n’ont pas été régularisés. C’est contre la loi du travail », souligne-t-il.

L’USMITD organisera une assemblée spéciale le 21 juin prochain, afin de passer en revue la situation. De plus, une manifestation pacifique sera organisée devant la MITD House, à Phoenix, le 24 juin prochain.