Le leader du Reform Party, Roshi Bhadain, dénonce la manière dont les jeunes recrutés pour une formation en tant que Holistic education programme animators sous le Youth employment Programme (YEP) sont traités à l’expiration de leur contrat de formation. « Ils ont été menés en bateau », a-t-il soutenu lors d’une conférence de presse au siège du parti à Quatre-Bornes, en présence de plus d’une cinquantaine d’entre eux concernés par ce problème.
« Ils ne savent pas quoi faire. Est-ce qu’ils doivent continuer à travailler dans les écoles respectives où ils avaient été postés ? D’autant qu’ils ont reçu une lettre du Mauritius Institute of Education (MIE) leur demandant de retourner dans les établissements respectifs pour compléter leurs portfolios. Pendant ce temps, le ministère de l’Education a demandé, par voie de correspondance, aux maîtres d’école de les maintenir sous emploi en tant que Holistic educators jusqu’à nouvel ordre. À ce jour, ceux qui ont un School certificate ou un Higher school certificate touchent Rs 6 000 par mois et les détenteurs d’un diplôme universitaire Rs 10 000. Cependant, ils n’ont reçu aucune communication officielle ni du ministère de l’Education qui gère ce programme ni du ministère du Travail pour comprendre ce qu’ils doivent faire, et s’ils y retournent, savoir sous quelles conditions ». Selon un des étudiants concernés, ils subissent une pression de la part des maîtres d’école et de leurs adjoints parce que « ceux-là ont eu des instructions d’aménager l’emploi du temps des classes pour que les jeunes viennent enseigner ». Or, fait ressortir Roshi Bhadain, ils n’ont reçu aucune communication officielle dans ce sens et ne savent pas sous quelles conditions ils seront maintenus. Autre point soulevé : « Au moment de leur recrutement, il y a une vérification de leurs qualifications et lors de son intervention à l’induction session, la ministre de l’Education, Leela Devi Dookun, leur a affirmé qu’ils auront la priorité au moment des recrutements dans le cadre de la réforme scolaire, le 9-year schooling », a soutenu M. Bhadain en présence des principaux concernés. L’un de ces derniers affirme que dans le cadre d’un atelier de travail sur le 9-year schooling, « des représentants du ministère de l’Education nous avaient suggéré de postuler mais par la suite, un seul a été recruté ». Lorsqu’ils ont abordé la question avec une ex-conseillère de la ministre, qui serait aujourd’hui conseillère du Premier ministre, celle-ci leur aurait dit « d’aller chercher de l’emploi dans l’hôtellerie ». Les jeunes précisent qu’au moment où ils ont été recrutés sous ce programme, « le poste de holistic educator n’existait pas et on leur a fait comprendre qu’ils seront recrutés par la suite sur une permanent and pensionnable basis, car ils seront recrutés sous la PSC ». Cependant, cela s’est avéré faux. « Ce sont des personnes qui n’ont aucune qualification qui ont été recrutées alors que nous, nous avons déjà une formation pédagogique de la MIE », déplore une autre jeune tout en reconnaissant que certains ne sont pas éligibles selon les critères de la PSC. Néanmoins, ils insistent que « puisqu’ils ont été recrutés après vérification de leurs certificats et selon les dires des représentants du ministère de l’Education et de la ministre Dookun elle-même, ils avaient compris qu’ils seraient recrutés à la fin de la formation ».
Les jeunes indiquent également qu’ils n’avaient pas le droit de s’absenter. « On coupait notre stipend », souligne l’un d’entre eux. Il relève qu’il y a eu aussi quelques anomalies en ce qui concerne le paiement.
Selon le député Bhadain, « c’est une véritable cacophonie ». Il estime que la réforme éducative a été introduite à la va-vite. « On ne peut pas traiter les jeunes de ce pays comme ça », ajoute-il avant de lancer un appel au ministre du Travail, Soodesh Callichurn, qui estime-t-il « a de bonnes intentions » et à Mme Dookun « pour trouver une solution à ce problème ». Au cas contraire, affirme-t-il, « nous reviendrons devant vous et nous annoncerons la marche à suivre ». Il soutient que le Reform Party « va changer le système », qui « est saturé et s’écroulera dans quelques années avec les jeunes diplômés à Maurice et ceux qui sont désormais contraints de rentrer au pays après leurs études à l’étranger surtout avec la situation sur le plan international », en citant le Brexit.