Selon le Professeur Ved Prakash Torul, qui préside la Commission pour la Conciliation et la Médiation instituée en 2009 en remplacement de la Commission sur les relations industrielles, la CCM peut s’enorgueillir d’avoir eu du succès sur toute la ligne. De son côté, Toolsyraj Benydin, qui a annoncé son départ pour l’an prochain, soutient que des cours de formation sont organisés par la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) avec l’objectif de préparer la relève.
C’était hier lors d’une cérémonie de remise de diplômes aux participants à une session de formation de trois mois sur la conciliation et la médiation. Les cours ont été dispensés par le Pr Torul et un autre animateur lors desquels ils ont fait un tour d’horizon du travail de la commission.
« A conflict becomes a challenge when you have to solve it », affirme le conférencier. Il cite l’exemple d’une femme, ouvrière dans une manufacture pendant une trentaine d’années et qui estimait qu’elle mérite une augmentation de salaires. Elle en fait la demande auprès du management qui rejette sa requête. Quand elle est venue à la commission, la raison qu’elle invoque pour justifier sa demande est la cherté de la vie.
Le Pr Torul traite la question sous un angle différent. Face à l’approche moderne des employeurs, il faut savoir les confronter avec des formules modernes. Il parle à titre d’exemple le bonus de présence. « Quand on présente à un chef un dossier de trente années de service continu, pendant lesquelles l’on ne s’est pas absenté pour des raisons futiles, cela peut amadouer l’employeur et l’amener à dire oui, cet employé mérite quelque chose », souligne le Pr Torul.
Le président de la Commission pour la Conciliation et Médiation (CCM) émet un autre point de vue sur la même question : il faut savoir évaluer les mérites de son travail. Lorsqu’il a demandé à l’ouvrière le montant d’augmentation qu’elle souhaitait obtenir, celle-ci lui a répondu : « Si mo gayn Rs 150 en plis mo ti pou satisfe. » Quand il a approché l’employeur, le Pr Torul a soumis une demande de Rs 180. L’employeur a refusé. Les deux sont tombés d’accord pour la somme de Rs 175. Ce qui lui fait dire que quand il y a une négociation, il faut entamer les pourparlers avec en tête une « win-win situation », dans laquelle on doit savoir quand céder et quand rechercher des avantages.
Un autre exemple qu’il cite est la mutation du personnel. Certains y voient une « punitive measure », d’autres auraient préféré s’accrocher à leurs habitudes, à leur entourage, soit des facilités dont ils ne peuvent imaginer vivre sans. Dans un esprit de vouloir que la productivité s’améliore dans un domaine où elle est faible, il se peut également que l’employeur veuille y transférer un chef d’équipe plus qualifié. Dans un tel cas, si la question est considérée par la CCM, celui-ci pourra jouer son rôle de facilitateur.
Toolsyraj Benydin de son côté pense que la Federation of Civil Service and Other Unions est une institution qu’on ne pourra faire disparaître malgré toutes les tentatives en ce sens depuis sa création en 1955. La FCSOU compte actuellement 85 syndicats affiliés. Elle dispose d’un centre de formation à Coromandel, qui a pu être construit grâce à un prêt d’une organisation internationale à laquelle elle est affiliée. Le prêt vient d’être converti en don.
« C’est pour préserver tout cela que je souhaite de tout coeur que la relève soit solide et prête à prendre les rênes », dit M. Benydin.