Promouvoir le twirling baton comme une discipline sportive, participer à des championnats internationaux. Ce sont les objectifs que ce sont fixés Corinne Lallman-Sit Yee et Jennifer Ng en lançant le premier club de twirling baton à Maurice. Ces deux anciennes élèves du QEC et de feue Ginette Cabon veulent ainsi s’assurer que son héritage ne sombre pas dans l’oubli.
Si vous avez rêvé les yeux ouverts devant les prestations des majorettes, vous pouvez maintenant en faire autant. C’est ce que proposent Corinne Lallman-Sit Yee et Jennifer Ng en lançant Twirling Baton (Mtius) Ltd. Elles se proposent ainsi d’apprendre aux filles et aux garçons, à partir de 11 ans, à manier le bâton. « À Maurice, on connaît surtout les majorettes, mais le twirling baton est une discipline sportive à part entière. Il y a des championnats qui sont organisés au niveau mondial. Il y a même eu une démonstration aux Jeux Olympiques de Sydney en vue d’étudier l’insertion de cette discipline dans les jeux », disent-elles.
Au-delà des défilés et des majorettes tambour, le twirling baton est une activité qui favorise le bien-être physique et psychologique. « C’est une discipline qui comprend des mouvements pour tout le corps, dont des mouvements de gymnastique au sol. Cela aide aussi à la gestion émotionnelle. On peut la pratiquer pour la forme, mais aussi aller plus loin, en participant à des compétitions. »
Corinne Lallman-Sit Yee et Jennifer Ng rappellent qu’en 1990 et 1993, en tant qu’élèves du QEC et sous la houlette de feue Ginette Cabon, elles avaient participé aux Championnats du monde de twirling baton à Amsterdam et à Marseille. « Malheureusement, avec le départ à la retraite de Mme Cabon et les changements dans le milieu éducatif, il n’y avait plus de majorettes au QEC depuis 2003. »
Chose à laquelle a remédié la fondation Semper Sorores sous l’impulsion du Dr Zeenat Aumeerally et d’Aisha Allee, en 2014. Ce sont justement Corinne Lallman-Sit Yee et Jennifer Ng qui sont les coaches des nouvelles majorettes du QEC. « Il nous a fallu tout recommencer à zéro. Il faudra du temps pour retrouver le niveau de 1993. C’est justement pour ne pas nous retrouver dans la même situation que nous avons lancé le club. Nous voulons que le twirling baton puisse devenir une activité pérenne, peu importent les changements dans le milieu éducatif. »
En incluant les garçons dans les cours, les deux coaches veulent donner toute la dimension sportive à cette discipline. C’est d’ailleurs le cas à l’étranger. « À Maurice, nous avons été habitués plus au côté esthétique. Cela vient sans doute du fait que les majorettes participaient surtout aux défilés et faisaient partie du folklore. Mais au niveau international, il y a autant de filles que de garçons. »
Au-delà de l’activité physique, poursuivent Corinne Lallman-Sit Yee et Jennifer Ng, le twirling baton permet de développer des valeurs comme le travail de groupe. « Comme il s’agit d’une activité collective, on est obligé d’apprendre à travailler en groupe. On apprend à attendre ceux qui mettent plus de temps à assimiler les mouvements, on s’entraide, on partage, on apprend à vaincre sa timidité, à ne pas se replier sur soi, à surmonter les difficultés, on travaille la concentration… Ce sont autant de choses qu’on développe au-delà du simple fait de manier le bâton. »