Le combat pour la préservation du Fort George contre une menace de destruction a connu une certaine avancée cette semaine. Dans un communiqué émis jeudi dernier, la direction du Central Electricity Board affirme n’avoir nullement envisagé de détruire ou de dégrader tout ouvrage existant faisant partie du patrimoine historique de notre pays. Le combat, rappelons-le, avait été bravement déclenché par le chef des pompiers urgentistes du Port, Heymand Beekee, au prix d’une suspension immédiate de ses fonctions.
La coïncidence veut que le communiqué du CEB est tombé le même jour où le ministère des Arts et de la Culture avait organisé une visite dans le fort pour une délégation de représentants de l’université, d’individus et de plusieurs organisations qui en avaient fait la requête (voir notre édition de dimanche dernier).
La bataille, semble-t-il, n’est toutefois pas encore totalement gagnée. Le communiqué prétend effectivement vouloir “dissiper tout malentendu et toute confusion dans l’esprit du public”, mais, toute en soutenant s’engager “pour une éventuelle réhabilitation d’un patrimoine à valeur inestimable”, la direction du CEB n’abandonne pas pour autant son intention d’implanter une station thermique dans l’enceinte du fort.
Le communiqué se décline comme suit :
— dans le cadre de ses besoins futurs liés à la production d’énergie électrique, le CEB a en effet soumis une demande auprès de la Mauritius Port’s Authority pour permettre l’installation de groupes thermiques dans l’enceinte du fort existant qui est présentement inoccupé et qui se trouve dans un état de délabrement avancé ;
— le CEB n’a pas encore arrêté définitivement la technologie des futurs  moyens de production d’énergie électrique ;
— il n’est nullement envisagé de détruire… mais, au contraire, de s’engager dans une éventuelle réhabilitation et une conservation d’un patrimoine à valeur inestimable ;
— tout projet à Fort George se ferait en concertation et en consultation avec toutes les ONG et les institutions concernées par la préservation et l’héritage de notre patrimoine.
Il reste à voir comment le CEB et le gouvernement vont s’y prendre pour à la fois investir l’enceinte du fort avec ses installations — qu’importe la technologie — et le protéger contre la dégradation. Un exercice qui consistera, paraît-il, à faire cohabiter la chèvre et le chou. Conclusion : la vigilance citoyenne reste donc de rigueur mais, indéniablement, Heymant Beekee et les autres n’auront pas crié dans le désert…