La station météorologique de Vacoas ne pouvait-elle pas prévoir l’ampleur des pluies et la dégradation violente et aussi subite du temps ? La question est sur toutes les lèvres. Sur internet et les réseaux sociaux, les commentaires pas du tout tendres envers les services météo fusent…
Fait ironique ou pas… la météo célébrait le 23 mars, la Journée mondiale de la météorologie, mettant en exergue la contribution des services météo pour, entre autres, la sauvegarde de la vie humaine. Une semaine plus tard, les intempéries de samedi ont pris tout le monde de court, donnant lieu à des interrogations sur l’efficacité même des services de prévision de la météo.
À l’origine de ce mauvais temps : des conditions atmosphériques instables. La météo a enregistré des précipitations de 152 mm en à peine 90 minutes ! En météorologie, ce genre de phénomène est appelé flash flood. Leur caractéristique : un important volume de pluies en très peu de temps. Face aux effets du changement climatique, dit-on, sa persistance deviendra plus fréquente et nous avons été témoins de cela samedi…
Si le manque de précision des bulletins météo est décrié, à la station météo, on rétorque que la population a été informée des risques d’averses depuis jeudi…. sauf qu’entre averses et précipitations, la différence est résolument flagrante. Des précipitations qui ont coûté la vie à une dizaine de personnes et un bilan qui ne cesse de s’alourdir. Compte tenu de la menace de ce phénomène, des voix s’élèvent de plus en plus, affirmant que la météo aurait dû émettre un avis de fortes pluies pour avertir la population. Ce qui aurait évité, aux yeux de plus d’un, un bilan si lourd en termes de perte de vies humaines et une capitale complètement paralysée…
La météo ne pouvait-elle pas émettre un avis spécial ? Comme à l’île de La Réunion où l’on applique, lorsque le besoin se fait sentir, une vigilance fortes pluies, fortes houles et vents forts… La station de Vacoas se justifie d’avoir informé la population depuis jeudi dans son communiqué journalier et lors des interventions sur la chaîne de télévision nationale. Sauf que certains prêtent rarement une attention particulière à ce « ciel mi-couvert avec ondées occasionnelles, (…) des périodes nuageuses avec averses principalement sur les hauteurs et des averses qui pourraient être modérées accompagnées d’orages. »
L’avis de pluies torrentielles est appliqué quant à lui, uniquement en période scolaire ; il ne l’est ni en période de vacances ni durant le week-end. Selon le protocole établi, 100 mm de pluies doivent être recueillis en plusieurs points de l’île pour que l’avis de pluies torrentielles soit émis.
De plus, le manque de précision de la météo quant à l’évaluation de l’intensité des pluies attendues, est critiqué. Ce qui surprend encore, c’est qu’à 11 h 30 samedi, son communiqué faisait mention d’averses sans aucune précision de l’intensité de ces pluies alors que Port-Louis et les régions avoisinantes étaient inondées et que plusieurs personnes et automobilistes se sont retrouvés piégés par la montée subite des eaux.
Dans une déclaration aux médias dans le sillage de pluies meurtrières de samedi, le directeur de la station météo, Balraj Dunputh devait expliquer que des pluies d’une telle intensité n’étaient pas prévues, et ce en un si court laps de temps.