La mairie de Port-Louis a organisé hier un forum-débat sur le thème « Port-Louis – ville de demain » dans le cadre de la fête de la Cité. Cette démarche a permis à des experts de divers secteurs de donner leurs points de vue pour un « Port-Louis meilleur ».
Khalil Muthy (romancier et historien), Ramon Cundasamy (ancien adjoint au Chief Executive de la municipalité de Port-Louis), Emmanuel Richon (directeur du Blue Penny Museum), Frédéric Pichon (ingénieur réunionnais en énergie renouvelable) et Pat Ng Cheong Tin (président de l’Association des architectes de Maurice) sont parmi les intervenants au forum-débat placé sous le thème « Port-Louis – ville de demain ». Ils n’ont pas manqué de souligner les enjeux et les dangers d’un « Port-Louis meilleur ».
Le lord-maire Mahmad Kodabaccus a rappelé l’importance de la technologie et des ressources humaines dans la mise en place du Port-Louis de demain. « Nou ena plis ki 100 000 abitan dan Por-Lwi si nou envi met nu bann proze en plas, nu bizin asir nu ki nu bann abitan ape kapav suiv nu », a-t-il fait comprendre. À cet effet, un comité a été institué avec à sa présidence le conseiller Abas Mamode afin de « revoir les orientations ».
Pour Khalil Muthy, les développements intervenus et qui se poursuivent dans la capitale depuis ces quatre derniers siècles ne font que contribuer à un débalancement écologique. Rappelant la construction d’une partie de l’île sur ce qui représentait autrefois la mer, l’historien a fait part de ses appréhensions quant aux possibles cataclysmes et proposé des solutions. « La position géographique de Port-Louis expose la capitale à des catastrophes potentielles  tels des raz-de-marée », soutient-il.
« Avec une seule montée d’eau, une grande partie de la ville risque d’être inondée », explique Khalil Muthy. Pour l’intervenant, un plan d’évacuation devrait déjà être élaboré pour protéger ses habitants et ceux qui y viennent travailler. « Nous savons tous que nous avons un gros problème de congestion routière à Port-Louis. Y a-t-il des solutions pour désengorger le trafic ? » s’interroge-t-il. L’historien dit être en faveur de la préservation du cachet historique de la capitale. Il considère que l’esthétique doit être un des atouts de la cité.
Ramon Cundasamy a pour sa part axé son intervention sur l’établissement d’un plan d’action pour une ville durable avant de rejoindre les propos de Khalil Muthy sur l’esthétique, un atout de la cité de Port-Louis. « Le développement durable sera bénéfique non seulement à la présente génération mais aussi aux générations futures. Sans une “ville durable”, il est impossible de soutenir le projet “Maurice, île durable” que prône le gouvernement. » Pour l’ancien adjoint au Chief Executive de la mairie de Port-Louis, un plan d’action est indispensable en vue de définir une stratégie politique, de dresser un état des lieux et d’enregistrer les propositions pour des améliorations sur le court et long termes.
Pat Ng Cheong Tin a quant à lui proposé la création d’un organisme regroupant des experts en vue de revoir la politique d’urbanisme. Le président de l’Association des architectes de Maurice dit que cet aspect pour un « Port-Louis meilleur » est primordial et qu’il a déjà en tête des propositions concernant les lois, les aménagements potentiels ainsi qu’un mécanisme de suivi.
Au cours de son exposé, Frédéric Pichon a lui évoqué la possibilité d’une centrale solaire thermodynamique à proximité d’une centrale thermique pour la production d’électricité avec toute la lumière du soleil dans la capitale. L’ingénieur réunionnais en énergie renouvelable a souligné qu’avec la hausse des barils de pétrole et l’épuisement des ressources fossiles, le projet présente divers avantages malgré d’importants investissemets pour sa réalisation.
Le forum-débat, qui a duré plus d’une heure, a été riche en propositions. D’autres conférences sont prévues dans les jours qui suivent.