Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a été très clair sur le fait qu’il veut un partenariat entre son pays et l’île Maurice. C’était ce matin, lors du forum des affaires organisé au centre des conférences de Grand Baie, par le Board of Investment (BOI) entre les membres de la délégation du Gabon actuellement en visite à Maurice et la communauté mauricienne des affaires. « On investit en Afrique avec nous, pas sans nous, ni contre nous », a-t-il déclaré, à la fin de la séance de questions-réponses entre lui et son auditoire.
M. Bongo Ondimba a déclaré qu’il est venu à Maurice non seulement parce qu’il a été invité mais aussi pour regarder ce qui se passe dans l’île, attirer des investisseurs et des expertises dans les différents secteurs économiques. « Je suis venu vous dire “venez faire des affaires au Gabon et faire de l’argent” », a-t-il dit aux Mauriciens. Pour cela, a-t-il ajouté, le Gabon doit créer les conditions nécessaires en vue de satisfaire les investisseurs, dont l’une repose sur le classement de « Ease of Doing Business. » Pour lui, il n’y pas une façon de faire des affaires en Afrique et une autre ailleurs dans le monde. « C’est pareil partout et nous devons faire pareil comme les autres », a-t-il fait ressortir.
A une question sur les énergies renouvelables et la protection de l’environnement, le président gabonais a dit que son pays, qui est couvert à 88 % de forêts, est très engagé dans le domaine du développement durable. « Nous gérons nos forêts et les protégeons en même temps », a-t-il souligné.
Pour cela, le gouvernement gabonais a préparé un texte de loi sur le développement durable, qui sera voté bientôt par son Parlement. « Tout doit respecter cette loi, qui va faire en sorte que nous parlions tous le même langage dans ce domaine »,  a dit M. Bongo Ondimba, avant d’ajouter : « Le Gabon veut être une terre verte, qui doit se refléter à tous les niveaux. » Il a dit être pour les énergies « propres et profitables, tout en gagnant de l’argent ».
S’agissant des médicaments dans son pays, le président gabonais a répondu à Mme Ameenah Gurib-Fakim, directrice de CEPHYR, à Ébène, que « l’accès aux médicaments est essentiel et vital, car il faut réduire leurs coûts ». Il poursuit : « Ce qui nous amène à réfléchir sur la politique à mettre en oeuvre dans ce sens. Nous faisons des efforts, mais les choses ne bougent pas assez vite. ».
Au sujet des Gabonaises, le président Bongo soulignent que celles-ci sont « très actives », mais qu’il n’y a « pas assez de femmes dans les affaires ». A Ahmed Parker, président du Joint Economic Council (JEC), qui l’a interrogé sur les garanties concernant la protection des investissements, le président gabonais affirme que son pays doit « communiquer un peu plus » à ce sujet, faisant ressortir que le Gabon veut s’inscrire comme « la meilleure destination » sur le continent. « Quelqu’un qui investit doit pouvoir jouir de ses bénéfices. Nous allons renforcer cette sécurité pour les investissements », a-t-il affirmé.
Auparavant, le président Bongo a parlé du « Gabon vert, industriel et bleu », qui représente, selon lui, des « enjeux économiques importants » pour son pays. « Je vous invite au Gabon. Pour cela, nous allons supprimer le visa d’entrée », a-t-il dit. Au vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval d’ajouter que les Gabonais n’ont pas besoin de visa d’entrée pour venir à Maurice. « Nous avons de nombreux professionnels ici qui peuvent servir l’Afrique », a poursuivi le ministre, avant d’ajouter : « Nous voulons partager notre expérience avec le Gabon et travailler ensemble sur des sujets d’intérêts communs. »