Le Forum des Citoyens Libre (FCL), présidé par Georges Ah Yan, a tenu hier une manifestation dans les rues de Trou-d’Eau-Douce afin de sensibiliser sur l’accaparement des plages. Les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol et ont évoqué le droit pour les Mauriciens d’avoir accès aux plages.
Environ soixante-dix personnes étaient réunies près de l’ancien four à chaux, en face de la plage publique de Trou-d’Eau-Douce. Parmi, des membres du Forum des Citoyens Libres, des syndicalistes, des conseillers de village et les membres de la Beach Traders Association.
Georges Ah Yan a parlé de la déviation de route à Trou-d’Eau-Douce, qui aura pour conséquence d’empêcher les Mauriciens d’avoir accès à la plage de Palmar si jamais elle se concrétisait. Pour le président du FCL, les hôtels construits dans les quatre coins de l’île ont certes généré de l’emploi mais ont également privé les Mauriciens des plages de l’île. « Bizin anpes deviasion routier-la afekte nou. Si bizin nou a fer enn miray imenn pou anpes bann masinn-la travay. Beach Authority pe anpiet lor bann bien bann sitwayen. Zot ti pe rod fer sis batiman comersial lor laplaz piblik Trou-d’Eau-Douce ek bann laplaz avwazinan san permi. Laplaz piblik pa kapav vinn pou prive. Noun fer apel o tribinal de lanvironnman e nou espere ki nou pou gagn rezon », a-t-il déclaré.
Jackie Alexandre, conseiller de village de Trou-aux-Biches, a pour sa part soutenu : « Nou mem ki responsab seki pe arive. Nou bizin pa res dan lakaz. Bizin desann lor lakot defann nou drwa. Fode ki mesaz-la pas partou pou ki li ariv dan biro Premie minis. »
Bruno Savrimootoo, ingénieur en informatique, a souligné que grâce à l’Internet, même les Mauriciens établis à l’étranger sont au courant de ce qui se passe sur les plages mauriciennes et n’hésitent pas à soutenir les activistes et autres personnes qui luttent pour empêcher la situation d’empirer. Cette sixième manifestation sera même mise en ligne sur YouTube afin de toucher une plus large audience.
Alain Bertrand, membre du FCL, est revenu sur l’arrestation de Nitin Chinien et sur le projet de la centrale à charbon à Albion qui démontrent que les droits des citoyens sont bafoués et que les autorités n’accaparent pas seulement les plages mais le droit et la liberté des citoyens. Jack Bizlall, syndicaliste, a, lui, évoqué la nouvelle génération qui quitte le pays pour un avenir meilleur. Pour lui, l’île Maurice devient peu à peu un « paradis invivable » où beaucoup de jeunes quittent le pays car ils ne trouvent pas d’emploi à Maurice. Il a aussi déploré la négligence dans les hôpitaux et les pratiques qu’il dit « antidémocratiques » lors des élections. Le syndicaliste a demandé à la population de se mobiliser. Les jeunes, dit-il, doivent être mieux encadrés afin d’apporter leur soutien à la lutte contre les fléaux qui affectent l’île.