« Je serais content de voir Madagascar présente à Washington », a déclaré au Mauricien le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell qui évoquait le sommet États-Unis/Afrique prévu dans la capitale américaine au début du mois d’août prochain.
Arvin Boolell devait initialement se rendre à Madagascar cette semaine en vue de participer à une réunion de préparation du prochain sommet de la Commission de l’océan Indien mais n’a pu faire le déplacement en raison de la session spéciale du parlement prévue vendredi. Il a accueilli avec beaucoup de satisfaction la réintégration de Madagascar dans l’AGOA. « Maurice a toujours plaidé en faveur de la levée des sanctions contre la Grande Île », a dit Arvin Boolell qui a rappelé ses nombreuses interventions auprès des autorités américaines et du Représentant commercial des États-Unis. Il s’est toutefois montré critique vis-à-vis de l’attitude adoptée par la SADC par rapport à Madagascar et qui tend à lier la levée des sanctions au retour de Ravalomanana qui se trouve actuellement en Afrique du Sud. « Madagascar dispose maintenant d’un gouvernement légitime, l’ordre Constitutionnel est en vigueur et le pays dispose maintenant d’un président et d’un gouvernement élus. Il est tout à fait malséant que la SADC ou même des pays cherchent à s’ingérer dans ses affaires ».
S’agissant du sommet de Washington, Arvin Boolell indique qu’une quarantaine de Chefs d’État et de gouvernements africains, dont le Premier ministre mauricien, ont été conviés à cette rencontre. Il est peu probable que le roi du Swaziland soit présent à Washington puisqu’il a été suspendu de l’AGOA en raison de la situation des droits de l’homme dans ce pays. Maurice devra plaider à cette occasion contre la tentative des États-Unis de lier la question de « trade facilitation » à l’AGOA. Arvin Boolell a rappelé les engagements pris au niveau international que ce soit à Bali ou à Doha et a insisté sur la nécessité de donner aux pays africains les moyens en termes de « capacity building » pour soutenir leurs exportations et leurs importations. Maurice devrait également s’opposer à la tentative des États-Unis d’introduire, à l’instar de l’Union européenne, le concept de réciprocité dans ses relations commerciales avec les pays africains dans le cadre de l’AGOA. « Nous notons que les États-Unis cherchent la réciprocité avec l’Afrique du Sud et nous craignons que cette pratique soit étendue à d’autres pays », observe Arvin Boolell. Il observe qu’à la différence des États-Unis, l’Union européenne a fait provision pour un coût d’ajustement. Maurice, a insisté le ministre, n’est pas contre un « reality check » dans le but de rendre l’AGOA plus fiable en le liant à la bonne gouvernance. Toutefois, souligne-t-il, les États-Unis qui se considèrent comme le berceau de la démocratie devraient prendre en ligne de compte le fait que les pays comme Madagascar connaissent une pauvreté extrême. « C’est en aidant ce pays à développer son immense potentiel qu’on l’aidera à sortir de la pauvreté. Il faut soutenir l’intégration régionale qui sera bénéfique non seulement pour Madagascar mais également pour toute la région ».
Arvin Boolell a aussi indiqué que Maurice plaidera à Washington au sujet de la sécurité des exportations en rappelant que les commandes sont souvent placées au moins neuf mois avant la livraison.