Dans le cadre de sa campagne de prévention sur la consommation de substances nocives par les jeunes, le ministère de la Jeunesse a organisé la semaine dernière un forum ayant pour thème “Think Health Not Drugs”  à la municipalité de Quatre-Bornes. Environ 250 élèves des différentes écoles des Plaines-Wilhems y ont participé.
Les jeunes, âgés entre 16 et 18 ans, ont notamment eu droit à une présentation par un panel suivie d’une session interactive. Pendant cette présentation, le panel composé du Dr Farida Oodally, National Coordinator à UNAIDS, d’Imran Dhannoo, directeur du centre Idrice Goomany et de Mme S. Desha, travailleur social, a abordé des questions comme l’importance de mener une vie saine, les méfaits de la drogue, les facteurs qui poussent à la toxicomanie, la pensée positive et les valeurs morales. Ainsi, chaque membre du panel a élaboré sur deux ou trois des thèmes mentionnés plus haut, avec tout d’abord le Dr Farida Oodally qui a expliqué à ces jeunes les effets irréversibles de la drogue sur la santé physique et psychique. Elle a préconisé l’abstinence, leur a fait comprendre qu’« il n’y a pas de soft and hard drugs, les deux restent des drogues ». Le Dr Oodally a mis l’accent sur le fait que « ceux qui se droguent viennent de toutes les couches de la société », que les gens affectés par la drogue sont « jeunes, riches, vieux, pauvres ». Elle a par ailleurs mentionné les problèmes qui touchent les toxicomanes tels que les vomissements, les infections, les overdoses, les problèmes financiers et relationnels, les maladies mentales et le risque accru de transmission du VIH/sida. Le Dr Oodally a aussi évoqué le fait que dans 3/4 des cas de VIH/sida détectés, la transmission s’est faite par échange de seringues.
Imran Dhannoo, directeur du centre Idrice Goomany, a pour sa part axé son intervention sur les toxicomanes qui sont « bann malade avan tou » et qui « finn perdi zot liberté ». Ce dernier rappelle que « tou la drogue li néfaste pou nou la santé », qu’il s’agisse de « cigarettes, d’alcool, de gandia ou de brown sugar ». De surcroît, il déplore le fait que Maurice soit le premier pays d’Afrique et le cinquième mondial en termes de consommation d’héroïne. Il a aussi fait part de ce constat désolant : « Au début de mon engagement dans la lutte contre la drogue, l’âge moyen des toxicomanes était de 25 ans, maintenant l’âge moyen a diminué et le plus jeune client du centre Idrice Goomany a 13 ans. » Conscient qu’une des raisons qui poussent les jeunes à se tourner vers la drogue est la recherche du plaisir, il cite les autres activités qui apportent de la satisfaction. « Azordi la kiltir nisa valorisé, nou tou nou kontan gayn nisa mais manzé, boire, la misik c’est bann plaisir naturel alors ki plaisir la drogue là c’est enn fauss plaisir ».
Dans son intervention, le troisième membre du panel, Mme Desha, a mis l’accent sur la vulnérabilité des jeunes. Cette ex-enseignante met en garde les jeunes qui sont « des proies faciles pour les dealers ». Elle avance que les jeunes eux-mêmes peuvent être des dealers et de ce fait pousser leur amis à entrer dans ce cercle infernal. Elle avertit les jeunes sur la drogue qui « génère criminalité, corruption et destruction de la jeunesse ». Promouvoir la santé morale et la santé spirituelle, dit-elle, est la clef pour éviter que nos jeunes ne tombent dans ce piège. Mme Desha évoque les valeurs morales telles que le partage, la générosité et encourage les jeunes à « faire une bonne action chaque jour qui passe ». Elle rappelle ainsi que « le pays a besoin de jeunes en bonne santé et non pas de toxicomanes ».
Guffran Rostom, modérateur lors de ce forum et Prevention Officer chez PILS (Prévention, Intervention et Lutte contre le Sida), suggère quant à lui, la décriminalisation de l’utilisation des drogues. Il évoque la Hollande et le Portugal, deux pays où la dépénalisation a eu comme conséquence une baisse des activités liées à la drogue.
Du même avis, Imran Dhannoo déclare que « distributeur so place dan prison mais enn konsomater so place pa dan prison parski se enn malade ».
Les jeunes participants se sont montrés sensibles à ce problème. Certains jeunes confient au Mauricien qu’ils ont dans leur entourage proche des gens qui se droguent et qu’« on ne peut plus fermer les yeux, ce fléau est bel et bien présent à Maurice ».