La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) a organisé un forum au Centre Misereor, à Port-Louis, ayant pour thème « la répression syndicale, une méthode barbare » au sein des entreprises mauriciennes. Le président de la Human Rights Commission, Dheeraj Seetulsingh, Mariaven Caramben, Assistant Director of Labour and Industrial Relations au ministère du Travail et Atma Shanto étaient les principaux intervenants.
Pour Atma Shanto, le président de la FTU, il est grand temps que la classe politique se réveille en ce qui concerne la classe syndicale et le respect des droits des travailleurs, surtout dans un contexte de tractations politiques qui sont en cours. La répression syndicale, perçue comme des tentatives délibérées du patronat de décourager le mouvement et l’organisation autour d’un mouvement syndical, est considérée comme un « acte barbare » exercé tant dans le public et le privé que dans les corps para-étatiques. « Dès qu’un homme ou une femme commence à défendre ses collègues, on le considère comme une menace », a soutenu Atma Shanto.
Selon le syndicaliste, il existe une énorme différence entre ce qui est écrit noir sur blanc dans les textes de loi concernant le travail et même la Constitution, et ce qui est pratiqué dans la réalité. Cela est démontré par les faits, dit-il, affirmant que dans la réalité, des employés sont sanctionnés pour avoir revendiqué la reconnaissance de leurs droits. « La mentalité du patronat est restée la même depuis l’époque de l’esclavagisme. Rien a changé », a-t-il lancé.
Pour le syndicaliste, les lois du travail actuelles ne protègent pas assez les employés contre le licenciement. Il suffit pour un employeur d’écrire au secrétaire permanent du ministère du Travail et d’informer ce dernier de son intention de mettre à porte du personnel pour des raisons économiques. Ce sont les travailleurs qui sont syndiqués qui sont principalement menacés, dénonce M. Shanto. Ce dernier devait critiquer entre autres les comités disciplinaires, qui sont considérés comme un « abattoir » par les employés, et l’installation de caméras de surveillance dans les entreprises. Le dirigeant de la FTU est revenu sur quelques-unes des propositions de la Fédération dans le cadre du prochain budget de former des Human Rights Officers afin de les placer dans le ministère du Travail et la possibilité d’accorder aux employés 45 minutes de time-off pour observer symboliquement la journée internationale des droits humains.
Mariaven Caramben, Assistant Director of Labour and Industrial Relations au ministère du Travail, qui devait saluer la lutte syndicale au cours de l’histoire, s’est attardé de son côté sur les différentes étapes pour la mise sur pied d’un syndicat qui, a-t-il fait remarquer, est rendue beaucoup plus facile avec les nouvelles lois du Travail. Il a évoqué les étapes de la reconnaissance d’un syndicat et énuméré les instances auxquelles les employés peuvent avoir recours en cas de litige comme l’Employment Relations Tribunal (ERT). Ce tribunal, dit-il, dispose de délais prescrits dans la loi pour se prononcer à travers l’émission d’un ordre ou d’un Award. Mariaven Caramben devait aussi faire remarquer que s’il existe des employeurs qui croient en la liberté de se syndiquer, a contrario, il en existe certains qui ont une mauvaise conception du syndicalisme. « Nous vivons dans un pays de droit », a-t-il souligné.
Le président de la Human Rights Commissions a fait l’historique des droits humains, soutenu par la projection de vidéos démontrant les étapes dans l’histoire menant à l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la création des Nations unies. Cette vidéo a permis de mettre en exergue le fait que malgré les progrès réalisés en matière de Droits de l’homme, certains droits sont toujours bafoués. Se prononçant sur le thème du forum, Dheeraj Seetulsingh a déclaré que « la classe des travailleurs doit continuer son combat pour le respect des droits de l’homme », et a accueilli favorablement la proposition de la FTU d’accorder un time-off aux employés pour observer le Human Rights Day.