La production d’énergie électrique et le risque de “rolling Black Out” ont été ce matin au centre de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’Opposition, Paul Bérenger, au VPM et ministre de l’Énergie et des Services publics, Ivan Collendavelloo. Cette question a donné lieu à des échanges très sérieux entre les deux parlementaires sur la situation actuelle concernant la production énergétique et les projections futures. À la lumière des informations mises à sa disposition par le Central Electricity Board (CEB), Ivan Collendavelloo a fait comprendre qu’il n’y avait pas lieu d’avoir « un optimisme exagéré » concernant l’avenir, mais qu’il ne fallait pas non plus entretenir « une crainte de fin du monde » quant à la production d’énergie électrique. Paul Bérenger a pour sa part estimé que le risque d’« un “rolling Black Out” comme c’est le cas en Afrique du Sud, faute de planification, est réel ».
Dans le cadre de cet exercice, il en ressort que le CEB ne dispose ni de président ni de General Manager en titre. Actuellement présidée par un haut officiel du ministère de l’Énergie, cette instance est gérée par un “officer in charge” en attendant les nominations, « qui devraient être effectuées incessamment ». Selon les données fournies par le ministre de l’Énergie, la consommation effective d’électricité durant les heures de pointe s’élève actuellement à 453 MW alors que la capacité totale de production tenant en compte la marge prévue pour l’entretien est de 509 MW. Ce qui a amené le leader de l’Opposition à dire que le pays « est sur la corde raide », tenant en compte le fait que la marge prévue par le CEB pour l’entretien des machines est passé de 60 MW à 30 MW.
Le leader de l’opposition a commencé sa question par un lapsus en lançant un « I ask the Honourable Prime minister… ».  Devant l’étonnement du ministre de l’Énergie, il a stoppé net pour dire « sorry, it should have been like that yesterday », avant de poursuivre sa question portant sur la production d’énergie électrique. Paul Bérenger voulait en effet interpeller le ministre de l’Énergie sur l’appel d’offres pour l’achat par le CEB de quatre générateurs de 15 MW et voulait savoir pourquoi le Central Procurement Board (CPB) avait annulé cet exercice et la situation concernant l’appel logé devant l’Independant Review Panel (IRP). Concernant le CEB, il a souhaité savoir où en étaient les choses concernant l’affaire logée en Cour suprême sur l’appel d’offres pour l’achat des générateurs de 15 M, si de nouveaux appels d’offres ont été lancés, et si le rapport de la Banque mondiale sur la capacité du plan d’expansion qui prendra en compte de conditions économiques sera rendu public. Il a aussi souhaité connaître les mesures prises pour empêcher un “rolling Black Out” à partir de la fin de cette année.
Le ministre Collendavelloo a fait l’historique du redéveloppement de la centrale électrique de St-Louis et ainsi expliqué qu’en août 2012, le CEB avait soumis une demande pour une licence EIA à ce sujet, qu’il devait finalement obtenir en août 2013. En septembre de cette même année, le CEB avait décidé de faire l’acquisition de quatre générateurs diesel de 15 MW chacun. Matt MacDonald était responsable de la préparation des dossiers relatifs. Le document a été diffusé en février 2014 et, un mois plus tard, pas moins de dix “expressions of interest” ont été reçues. En avril 2014, le CEB avait informé que cinq soumissionnaires potentiels avaient été sélectionnés avec l’accord de la Banque africaine de développement (BAD), qui finance ce projet.
En juin 2014, le CEB a invité les cinq prestataires à soumettre leurs offres pour que les générateurs soient fournis en 2016. En septembre 2014, seulement un soumissionnaire, à savoir la BWSC, avait soumis une offre avec un accord de prêt signé le 24 juin 2014 pour un montant de Rs 3,5 milliards. Le 20 novembre, le CEB avait informé le CPB que l’offre du seul soumissionnaire n’était pas conforme à ce qu’il recherchait et avait informé le soumissionnaire de sa décision d’annuler l’exercice d’appel d’offres. En décembre, la BWSC a contesté la décision du CEB, mais celui-ci l’a informé que cette contestation ne pouvait être entretenue dans la mesure où l’exercice d’appel d’offres avait été annulé. La BWSC a entré une affaire en décembre devant l’IRP, qui a organisé cinq séances de travail autour de cette question. On attend toujours la décision de l’IRP. Poursuivant sa réponse, Ivan Collendavelloo a déclaré qu’il ne savait pas si une affaire avait été logée devant la Cour suprême.
Par ailleurs, le ministre de l’Énergie a indiqué que le CEB avait conclu un accord avec Beau-Champ pour l’installation d’un générateur de 22 MW, qui devrait être opérationnel de juillet 2015 jusqu’en 2018. Un montant de Rs 2,95 par KW/h sera payé pour un total de 160 GW/h annuels. Le ministre a aussi indiqué que de nouveaux appels d’offres seront lancés pour l’achat des quatre générateurs avec des nouvelles spécifications. Avec la capacité dont disposent le CEB et les IPP, la demande en électricité pourra être satisfaite jusqu’à mi-2017. Les appels d’offres pour l’addition de générateurs pour la production de 60 MW à Fort St-Louis seront lancés avec un certificat d’urgence. Concernant la production de 60 MW supplémentaires, la centrale sera opérationnelle durant le deuxième trimestre de 2017. Concernant le rapport préliminaire de la Banque mondiale, Ivan Collendavelloo a indiqué qu’il se penche sur la production d’électricité jusqu’en 2017. La Banque mondiale fera bientôt connaître ses recommandations pour la période 2018-22 et le gouvernement décidera à ce moment si ce rapport peut être rendu public.
Le leader de l’opposition a voulu savoir s’il y a eu une enquête policière sur la décision du CEB à l’effet que l’offre de BWSC était « non responsive » et si les spécifications de la nouvelle offre ont été « tailor made » afin de satisfaire une compagnie. A quoi le ministre a répondu qu’il n’y a pas eu d’enquête policière et que sa priorité est de s’assurer que les procédures soient suivies pour le lancement des nouveaux appels d’offres au plus vite. « Qui sont ceux actuellement en charge au CEB », a demandé le leader de l’opposition. Le ministre a répondu que c’est le Senior Chief Executive de son ministère qui assure la présidence de l’institution alors que c’est un Officer in Charge qui assure la gestion du CEB. Un communiqué ce sujet sera publié prochainement, a-t-il dit. A une question de Paul Bérenger concernant l’Independent Review panel, il ressort que le rapport de cette institution n’est plus à l’ordre du jour puisque de nouveaux appels d’offres seront lancés. S’agissant des énergies renouvelables, le ministre a indiqué qu’il n’a jamais été question d’abandonner totalement le charbon. « Nous aurons encore besoin du charbon et priorité sera accordée au charbon propre avec l’aide de la Banque mondiale ».
Le leader de l’opposition est revenu à la charge concernant le risque de rolling black out et a demandé des précisions concernant la consommation effective durant les heures de pointe. Ivan Collendavelloo a expliqué que le CEB produit 295 MW et les IPP, 197 MW. Ce qui fait un total de 592 MW. Tenant en compte de la marge de sécurité pour l’entretien des machines etc, la capacité effective est de 453 MW. Le leader de l’Opposition a attiré l’attention sur le fait que le ministre avait lors d’une précédente réponse parlé de marge de sécurité de 60 MW et cela a été réduit à 30 MW par le CEB pour ne pas alarmer la population. Le ministre a répondu que c’est la Banque mondiale qui l’a réduite à 30 mw. Le leader de l’opposition a tiré la sonnette d’alarme au sujet de l’utilisation des générateurs vieux de 35 ans et le danger que cela représente pour les employés et pour la population environnante. Il a finalement insisté sur la nécessité que ces dossiers soient traités sans aucune complaisance. Alan Ganoo et Osman Mohamed, l’un ancien ministre de l’Energie et l’autre ancien directeur du projet MID, sont également intervenus.