Outre les manifestations et veillées afin d’alerter l’opinion publique sur le sort des ex-employés de l’Association d’hébergement pour les personnes inadaptées (AHPI) dont fait partie le Foyer Namasté, le Comité de soutien (CS) multiplie les initiatives en vue de décanter la situation. Aujourd’hui, 17e jour de grève de la faim de sept ex-employées au kiosque du Jardin de la Compagnie, le CS a annoncé les grandes lignes de sa stratégie lors d’un point de presse. Outre des rencontres avec les ministres concernés, une réunion avec les membres du comité directif figure à leur l’agenda.
Depuis le 1er mai, les ex-employés de l’AHPI, ne détenant plus de permis de Place of Safety, continuent leur mouvement de protestation. Sur une base rotative, Georges Ah-Yan, porte-parole des grévistes, a tenu à préciser que l’important demeure « l’objet de la grève et non la manière de procéder ». Soutenu dans ses propos par Jack Bizlall, syndicaliste et membre du CS aux grévistes du Foyer Namasté, il rappelle qu’une grève de la faim « rotative » est une pratique qui se fait dans plusieurs pays.
Réitérant leur engagement dans ce combat, les membres du CS disent vouloir bénéficier uniquement de l’assentiment du Comité de direction de l’AHPI et de la collaboration des ministères concernés. Constatant le laxisme des autorités compétentes, le comité tenant une conférence de presse ce matin au Jardin de la Compagnie à Port-Louis a indiqué sa stratégie afin d’ouvrir des négociations en vue de résoudre le cas de l’AHPI, dont les ex-employés demandent la « réouverture ». L’élargissement du CS avec la collaboration de plusieurs associations est imminent. Outre l’ultimatum lancé au gouvernement pour qu’une solution soit trouvé, le CS, qui espère que la grève de la faim prendra fin vendredi prochain, souhaite faire part des griefs des ex-employés et pensionnaires des quatre centres dont gère l’AHPI aux ministres Mireille Martin (Développement de l’enfant), Sheila Bappoo (Sécurité sociale) et Shakeel Mohamed (Travail). Une rencontre avec le comité directif de l’AHPI est également envisagée dans cette optique.
Pour Jack Bizlall, « un seul ministère ne peut être tenu responsable de cette situation. Nous avons également d’autres ministères concernés. D’ailleurs, nous souhaitons traiter de divers aspects de cette affaire », soutient-il. Avant de lancer que le sort des pensionnaires et des 22 ex-employés sera abordé. De même que l’ouverture des établissements de l’AHPI, dont les sièges se trouvent à Valetta et Roches-Brunes, et le salaire des employés qu’il a qualifié de « misère ».
Jack Bizlall précise que le salaire d’un responsable du centre était de Rs 7 300, celui d’un superviseur de Rs 6 000 et d’un carer autour de Rs 5 000. Dans ce même ordre d’idée, le CS souhaite connaître la gestion des centres de l’AHPI. « Komite soutien pou al deter bann manbr komite direksion kouma tang. Se zot responsabilite en tan ki responsab pou pran kont lavenir zot anploye et non pa vir ledo. Zot pou bizin rann kont lor gestion sa bann sant-la parski ena kass gouvernma ladan », martèle-t-il. Et de renchérir : « Si komite direktif trouve li pa kapav kontign roul sant, nou CS nou dakor pou kontign okip li. Nou ava rod tou bann resours imen ki bisin pou remet sant-la lor pie ek nou pou kapav fer li. »
Un premier bilan de ces rencontres sera dressé mardi après-midi. Le CS lance également un « ultimatum » aux autorités compétentes pour régler la situation. « La finn ariv ler pou aret koze, ek agir. Disi vendredi prosin fode ki sa bann fam-la aret zot grev de la faim », soutient M. Bizlall. Il intervenait en présence du travailleur social Jeff Lingaya et du syndicaliste Atma Shanto.