Les ex-employées de l’Association d’Hébergement pour les Personnes Inadaptées (AHPI) dont fait partie le Foyer Namasté poursuivent leur mouvement de grève de la faim au Jardin de la Compagnie à Port-Louis. Au huitième jour de leur mouvement, les grévistes, qui sont maintenant sept après l’hospitalisation de quatre femmes ces deux derniers jours, ne comptent pas baisser les bras. Avec le Forum Citoyens Libres (FCL), elles réclament la réouverture d’au moins deux des centres alors que ministère du Développement de l’enfant a suspendu le permis de Place of Safety. La ministre Mireille Martin, pour sa part, soutient que la situation au Foyer Namasté n’est pas du ressort de son ministère
Depuis le 1er mai, onze ex-employées du Foyer Namaste observent une grève de la faim afin de réclamer la « réouverture » d’au moins deux des centres. Pour Georges Ah-Yan, porte-parole des grévistes et membre du FCL, il aurait fallu se contenter de suspendre l’animateur accusé d’abus sexuel. « Les centres auraient pu continuer à fonctionner avec une plus grande vigilance des officiers du ministère pour vérifier si d’autres comportements sont à dénoncer », dit-il.
Les femmes grévistes, qui s’affaiblissent au fil des jours, abondent en ce sens. « Nou pa kapav peye pou enn fot ki nou pann komet. Ouver o mwin de sant ladan pou ki nou kapav kontigne travay ». Elles sont sept à poursuivre cette action au Jardin de la Compagnie, quatre d’entre elles ayant été hospitalisées mardi soir et mercredi matin.
Interrogée hier par Le Mauricien, Mireille Martin était catégorique : « Le ministère ne peut être tenu responsable de la situation actuelle du Foyer ».
« L’appellation Place of Safety, octroyée par le ministère selon les dispositions de la Child Protection Act (CPA), vise à permettre le placement d’enfants sur ordre des tribunaux dans des institutions ne tombant pas sous la tutelle du ministère. Suivant la déposition d’un enfant le 8 avril 2013 à l’effet qu’il aurait subi des abus sexuels commis par un des membres du personnel du Foyer et l’arrestation le 9 avril du présumé agresseur, le ministère, selon les dispositions de la CPA, a suspendu l’appellation Place of Safety octroyée au Foyer Namasté et transféré tous les enfants placés par le ministère », affirme un communiqué du ministère émis lundi. Mireille Martin précise que 23 enfants tombant sous la responsabilité du ministère y ont été placés. « C’est uniquement parce que l’AHPI, bien qu’étant une institution privée, détient le permis de Place of Safety, que cela était possible. Suite aux allégations faites en avril, nous avons été contraints d’enlever ledit permis au centre et par la suite de transférer les enfants ».