La Commission Femmes du MMM a dénoncé hier après-midi, lors d’une conférence de presse peu après la PNQ du leader de l’opposition, les conditions « scandaleuses » dans lesquelles s’est déroulé le transfert des pensionnaires du Foyer Namasté après la fermeture de ce residential care shelter par le ministère du Développement de l’Enfant. Cette commission déplore l’heure très tardive du transfert et révèle le placement de certains enfants à l’Hôpital Brown-Séquard alors qu’ils ne souffrent d’aucun problème psychiatrique. « Nous condamnons sans réserves la façon de faire. Pa finn ena okenn planifikasion. Une des solutions rapides trouvées est l’admission à Brown-Séquard », s’est indignée la députée Françoise Labelle.
Consciente, dit-elle, de la durée de la PNQ, la Commission féminine du MMM a décidé de tenir cette conférence de presse afin d’apporter un complément d’informations au sujet de l’affaire du Foyer Namasté. Les députées mauves se disent « outrées » par ce qu’elles appellent « l’attitude nonchalante et arrogante » de la ministre Mireille Martin dans ses réponses aux questions lors de la PNQ. « Alors qu’on débattait d’un sujet très sensible et délicat, la ministre était tout sourire et répondait aux questions avec légèreté et arrogance. Nou finn outre par sa latitid-la », a dit hier Arianne Navarre-Marie, ancienne ministre de la Femme. Les députées du MMM se disent aussi choquées par « l’empressement des fonctionnaires, sans aucune retenue », de féliciter la ministre dans l’hémicycle après la PNQ.
La Commission Femmes du MMM soutient que la décision du ministère de fermer les quatre antennes du Foyer Namasté a été prise dans la précipitation et que manifestement il n’y avait aucune planification pour la prise en charge des pensionnaires. Françoise Labelle affirme qu’au moment de l’annonce de la fermeture par la ministre Mireille Martin lors d’une conférence de presse mercredi dernier, les autorités concernées ne savaient pas encore où diriger ces personnes et elle a souligné hier la manière dont le transfert s’est déroulé. « Zot pa ti kone kot pou anvoy zanfan. Finn deplas zanfan antr 19 h e 23 h. Une ambulance est venue chercher un enfant de six ans alité à 23 h. Finn dir bann lezot degaze, rantr dan van vit-vit kouma dir betay. Nous condamnons sans réserves cette façon de faire et surtout le manque de respect envers ces pensionnaires », dit avec force la députée. Celle-ci ajoute que la plupart des pensionnaires sont sous traitement médical et que leur dossier médical se trouvait encore dans ce Foyer lundi.
Selon les informations obtenues par les responsables de la commission féminine, certains pensionnaires ont été reconduits au sein de leurs familles alors que celles-ci ne peuvent s’occuper d’eux, tandis que quatre autres pensionnaires, dont un jeune de 16 ans, ont été dirigés vers l’hôpital Brown-Séquard. « Ils ont des problèmes liés à l’épilepsie et à l’autisme mais aucun ne souffre de trouble psychiatrique. Il y a quelque temps, la population a été choquée d’apprendre que des enfants ont été enfermés pendant de nombreuses années à Brown-Séquard faute de shelter pour les accueillir. Pour combien de temps ces quatre ex-pensionnaires de Namasté resteront dans cet hôpital », lance Lysie Ribot, la présidente de cette commission.
Aveu
Selon l’analyse de la Commission Féminine du MMM, les autorités ayant pour attribution le contrôle des “care homes” auraient pu se prévaloir de la clause de l’article 18 (a) de la Residential Care Home Act de 2003, pour confier la gestion du Foyer Namasté à un autre administrateur respectant les critères stipulés dans la loi. Cette clause est comme suit : « The Board (the residential care homes board) may entrust to any other licensee the administration of a residential care home for a maximum period of one year. »
La Commission féminine a également relevé « l’aveu » de Mireille Martin concernant le fonctionnement illégal du Foyer Namasté depuis son ouverture en 2007. « Madame Martin a reconnu que son ministère a envoyé des enfants là-bas tout en sachant que ce foyer n’avait pas de permis. La ministre ne semblait pas du tout embarrassée en disant cela », souligne Lysie Ribot. Et celle-ci de se demander si les autorités ont effectué des contrôles réguliers dans les quatre antennes du Foyer Namasté ces dernières années puisque l’institution ne figurait pas sur le registre officiel. « Elle dit qu’elle ne pouvait envoyer des inspecteurs parce que le foyer est un organisme privé. Si on suit la logique de Madame Martin, cela veut dire que le ministère de la Santé ne pourrait avoir un droit de regard et conduire une enquête sur un problème très grave qui surgirait dans une clinique privée ».
La Commission féminine mauve se demande aussi si les quatre antennes du Foyer Namasté pouvaient être qualifiées de « place of safety » compte tenu de la cohabitation de pensionnaires de plusieurs groupes d’âge, allant de trois ans à 48 ans. Les députées du MMM soulignent que le foyer a obtenu en 2008 le certificat “place of safety” sous la Child Protection Act mais ne détient pas le Residential Care Home Permit. « Il y a des contradictions troublantes sur lesquelles la population attend des réponses », soutiennent les animatrices de cette commission féminine. Celle-ci se demande s’il n’y a pas lieu à présent de mener une enquête serrée sur l’ensemble des residential care homes du pays, du public comme du privé, accueillant enfants ou adultes.