Les ex-employées du Foyer Namasté, qui en sont à leur sixième jour de grève de la faim dans le kiosque du Jardin de la Compagnie, envisagent de poursuivre leur action devant le domicile de la ministre Mireille Martin. C’est ce qu’a fait comprendre leur porte-parole Georges Ah-Yan, du Forum des Citoyens Libres (FCl), lors d’un point de presse ce matin.
Deux femmes grévistes ont été hospitalisées hier. Marie-Ange Perraud, 57 ans, a rejoint le groupe de femmes au Jardin de La Compagnie ce matin après avoir reçu des soins hier après-midi, alors que Chantale Nayna, 62 ans, est toujours sous observation à l’hôpital Jeetoo.
C’est un cri de révolte qui est perceptible dans la voix des dix femmes, ex-employées de l’Association d’Hébergement pour les Personnes Inadaptées (AHPI) dont les quatre centres résidentiels pour handicapés ont été fermés. Le ministère de l’Égalité des genres, en effet, leur a enlevé le permis de Place of Safety après l’arrestation d’un ex-assistant directeur pour abus sexuel sur un pensionnaire du Foyer Namasté. Une décision vivement contestée par les 52 employés, pour la majorité des mères de famille, qui se retrouvent sans emploi et avec des familles à nourrir. Leur action a débuté mercredi au kiosque du Jardin de la Compagnie à la suite d’une réunion infructueuse le 26 mai entre les licenciés, leur porte-parole et les cadres du ministère de tutelle. Georges Ah-Yan déplore le manque d’écoute et l’absence de flexibilité de la ministre Mireille Martin. L’une des grévistes, Géraldine Sahye, 42 ans, dit ne pas comprendre l’absence de négociation dans ce cas précis. « Nou napa konplis ; kifer pa less lanket termine apre pran enn desizion », se demande-t-elle. À ses côtés, Marie-Ange Perraud, 57 ans, soutient que « malgre ki mo santi mwa feb, mo pou poursuiv mo laksion. Koumsa nou pa pou fer sa pou nanie ».
« Chantale Nayna est dans un état plus critique », soutient Georges Ah-Yan. Cette dernière, qui est toujours hospitalisée, « ne sait toujours pas si elle pourra poursuivre son action ». Pour ces femmes, leurs revendications sont « justes ». Elles demandent à ce qu’au moins les autres centres soient réouverts partiellement en attendant la fin de l’enquête. « Il s’agit de notre gagne-pain. Nous avons des familles à nourrir. La majorité des grévistes sont les seules à rapporter des revenus à la maison. Nous priver de notre emploi c’est nous faire payer pour une faute que nous n’avons pas commise et faire nos enfants payer les pots cassés », soutient Géraldine Sahye.
Les grévistes envisagent maintenant de poursuivre leur action devant le domicile de Mireille Martin. « Kapav kan nou pou divan so laport li pou pran enn desizion pli juste », disent-elles. Une veillée est prévue à partir de 18 h 30 demain pour les soutenir.