Du point de vue de la Federation of Progressive Union (FPU) le budget ne propose rien sur le plan des salaires. Aucune orientation dans la politique salariale. Dans le discours du budget rien n’est mentionné pour faire comprendre aux employeurs que la pratique des salaires de famine doit cesser. C’est un manquement cruel de la part du gouvernement.
Il est temps que ceux qui nous gouvernent réalisent que les salaires des travailleurs sont sans justification bas dans le secteur privé alors que ceux des patrons et les revenus des actionnaires sont excessifs. C’est cette disparité qui provoque notre fracture sociale. Sans l’application d’une politique salariale ou la révocation des lois actuelles du travail, les travailleurs vont continuer à produire pour ne recevoir que des salaires qui ne leur permettent pas de vivre.
Sur le plan de la consommation et de l’inflation c’est le désarroi. Les prix vont flamber encore plus et il n’est aucunement nécessaire d’augmenter la TVA puisque l’inflation rapporte gros à l’État. On s’attendait à ce que dans la conjoncture actuelle, la TVA allait être réduite. C’est une stratégie tout à fait nécessaire pour soulager les consommateurs. Une réduction d’au moins 1,5 % était impérieuse.
Il faut que le gouvernement comprenne une chose : la compensation salariale légiférée ne représente que très dérisoirement ce que les travailleurs dépensent en plus chaque mois pour subsister. Encore des augmentations pour pénaliser des travailleurs qui boivent et qui fument. Personne ne réalise ce que les travailleurs dépensent en boissons alcoolisées et en cigarettes. Que personne ne vienne dire que ces augmentations réduisent dans les faits le nombre de consommateurs de cigarettes et d’alcool dans le milieu des travailleurs. Allez voir ce qu’un travailleur dépense s’il fume un paquet de 20 par jour et s’il consomme une bouteille de boisson alcoolisée par jour. C’est souvent son seul loisir ou son seul moyen pour réduire la pression du travail et des heures supplémentaires. C’est catastrophique pour les familles. Si les raisons pour lesquelles les gens fument et boivent ne sont pas comprises, c’est comme pénaliser un malade.
Sur le plan de l’emploi il faudra compter encore plus sur le développement du secteur hors production. Le gouvernement a-t-il fait une étude pour savoir combien les jeunes (leurs parents aussi) investissent dans leurs études et combien on leur offre en termes de salaires dans ces secteurs ? Sans oublier la précarité de l’emploi et l’incertitude de pouvoir conserver son emploi. Les seuls secteurs ou les personnes sans formation peuvent s’engager demeurent l’artisanat et l’informel. Il faudra cesser de les persécuter comme c’est le cas maintenant. Il nous propose une incertitude pour les employés des casinos et les SPI du secteur sucrier. Rien de sérieux pour les chômeurs.
Un effort a été fait pour payer la contribution au NPS des personnes qui perçoivent des revenus dérisoires dans le secteur informel. Faudrait-il pourtant que la pension et le soutien financier que l’État leur paye, ne leur soient pas enlevés. Cela concerne en particulier les handicapés et les veuves.
Quand nous analysons le budget du point de vue de la classe ouvrière nous constatons, dans les faits et encore une fois, que des avantages considérables ont été accordés aux capitalistes. S’il est dit qu’un certain nombre de mesures, sur le plan du logement en particulier, ont été prises, pour soulager les pauvres, force est de constater que c’est dans le cadre d’un budget pour soulager la pauvreté et non pour l’éradiquer.
La FPU est déçue. Encore un budget pour les patrons.