On ne connaissait que très peu du sprint comorien, jusqu’au mois dernier, quand Nasrane Bacar, originaire de Bandrele à Mayotte, a inscrit son nom au palmarès des championnats de France Espoirs disputés à Albi. La sprinteuse, militaire de profession, a décroché le titre en s’imposant en 11″81. Un chrono qui lui donne beaucoup d’espoirs de se qualifier pour les prochains championnats de France Elite prévus à Reims du 11 au 13 juillet.
La Franco-Comorienne, 23 ans, a commencé à faire parler d’elle en France depuis l’hiver dernier. Elle est militaire au 48e Régiment de transmission. Avant cette finale, elle avait couru ses trois précédentes courses sous les 12″. Toutefois, en raison de sa profession, on ne sait pas quelles sont ses chances d’être présente dans quelques semaines aux Jeux des îles.     
Elle avait déjà remporté en mars 2014 le titre de championne de France sur 60 m à Nantes. Elle avait également été finaliste en 2014 aux championnats d’Europe militaires. Mais malgré son potentiel qui est reconnu, la sprinteuse avouait récemment à la presse comorienne qu’« en dehors du talent, il faut beaucoup de temps et de travail. Donc, je me contente de m’entraîner durement pour essayer d’exploiter au mieux mes capacités ».
N’étaient les contraintes que lui impose sa profession, elle aurait donc pu s’épanouir et s’affirmer pleinement en tant qu’étoile montante du sprint dans son île et même dans la zone de l’océan Indien. « Je n’ai pas vraiment le temps de travailler en athlétisme comme une athlète de haut niveau. C’est compliqué après tout », ajoute-t-elle.
Nasrane Bacar est licenciée à Agen (Sporting Union) athlétisme. Elle fut l’exception de son club qui, jamais dans l’histoire n’avait eu une athlète qualifiée en sprint à ce niveau. Alors qu’elle fait la fierté d’Agen, la spécialiste de la ligne droite se rappelle de ses premiers pas en athlétisme. Elle avait été repérée au collège lors d’une compétition. « C’est un entraîneur du RC Vichy qui m’a vue et m’a demandé d’essayer », se souvient-elle.