L’explosion d’un colis piégé dans une rue très fréquentée de Lyon (centre-est de la France) vendredi en fin d’après-midi, qualifiée d' »attaque » par le président français, a fait une dizaine de blessés légers, dont une fillette, à deux jours des élections européennes.

Ce sac ou colis, qui contenait des vis, clous ou boulons selon des sources policières, a été déposé devant une boulangerie d’une rue piétonne et très commerçante proche de la place Bellecour, au coeur de cette ville, l’une des principales de France.

Un homme de 30 à 35 ans circulant à vélo et aperçu à proximité des lieux au moment des faits est activement recherché par la police, selon une source proche du dossier.

Le secteur a été évacué et bouclé par les forces de l’ordre.

Aucune piste n’a été privilégiée pour cette explosion, dans un pays fortement traumatisé par une vague d’attentats jihadistes sans précédent, qui ont fait 251 morts depuis 2015.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué une « attaque ». « A ce stade, il n’y a pas de victime. Il y a des blessés, donc je veux avoir évidemment une pensée pour les blessés, leurs familles », a-t-il déclaré en début de soirée.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a demandé le renforcement de « la sécurité des sites accueillant du public et des événements sportifs, culturels et cultuels » dans le pays, dans un message sur Twitter.

Le Premier ministre Edouard Philippe a annulé sa participation au dernier meeting de la majorité pour les élections européennes de dimanche.

La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête.

Le dernier bilan fourni par les autorités régionales a fait état de « huit blessés légers ». Sept d’entre eux ont été pris en charge par les secours et transportés vers un hôpital voisin sur les quais du Rhône.

Une autre source évoque un bilan de dix blessés légers.

« Une petite fille de 8 ans a été blessée (…). On est plutôt rassuré puisque visiblement il n’y a pas de blessé grave mais en revanche on a une certitude, c’était un engin explosif », a déclaré sur place Denis Broliquier, maire du 2ème arrondissement de Lyon, ajoutant que le suspect avait pu être filmé par les caméras de vidéosurveillance.

– « Vitres explosées » –

« On s’oriente effectivement vers un colis piégé », avait confirmé à l’AFP une porte-parole du parquet de Lyon peu après l’annonce de l’explosion, tandis que le procureur de la République, Nicolas Jacquet, se rendait sur les lieux, comme le préfet de région Pascal Mailhos.

« Ça a explosé et j’ai cru que c’était un accident de voiture (…) Il y avait des bouts de fils électriques autour de moi, des piles et des bouts de carton et de plastique. Les vitres étaient explosées », a raconté Eva, une lycéenne de 17 ans encore sous le coup de l’émotion, qui se trouvait à 15 mètres du lieu de l’explosion.

« J’ai entendu un bruit. En appelant les boutiques en bas, on m’a dit que c’était un colis piégé », a témoigné une habitante. « Il y a eu une bonne explosion. J’ai cru que c’était du gaz mais il n’y avait pas de fumée, donc ça pouvait pas être du gaz », a témoigné une commerçante.

La France s’apprête à voter dimanche pour élire ses députés au Parlement européen. Le scrutin a commencé dans plusieurs États membres depuis jeudi, dont le Royaume-Uni.

Lors d’une interview avec un Youtubeur à propos de ces élections, Emmanuel Macron a déclaré qu’il y avait « eu une attaque à Lyon (…) il ne m’appartient pas d’en faire le bilan, mais a priori, aujourd’hui, à ce stade, il n’y a pas de victime. Il y a des blessés, donc je veux avoir évidemment une pensée pour les blessés, leurs familles ».

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