Il fut un temps, pas si lointain, où le Front national français était encore marginalisé, cloîtré entre les quatre murs bétonnés d’un étiquetage xénophobe. Mais le temps a passé et les discours se sont radoucis, d’un côté comme de l’autre. Le FN serait-il dès lors devenu un parti fréquentable ?
Il y a quelques années encore en France, et exception faite de membres de quelques groupuscules néofascistes attachés aux “bonnes vieilles” valeurs “vichyiennes”, il n’était guère évident, tout au moins en société, de clamer haut et fort son appartenance à la mouvance d’extrême droite. La faute à qui ? À Jean-Marie, indéniablement. C’est qu’en près de 40 ans passés à la tête de son parti, l’homme aura défrayé la chronique plus d’une fois par des dérapages que toute personne qui lui reconnaît un tant soit peu d’intelligence ne peut décemment qualifier “d’incontrôlés”.
Mais aujourd’hui, les choses ont changé. Depuis qu’elle a pris les rênes de son parti, Marine Le Pen a redoré – osons dire même ripoliné – l’image du FN, lui insufflant, par sa seule présence, une décence retrouvée au nom de valeurs sociales résolument galvanisantes en cette conjoncture de crise économique. Une femme dotée d’une intelligence remarquable, c’est vrai, car ayant réussi à gommer, en seulement deux ans et demi, la majeure partie des “aspérités” du programme de son parti, maçonnées en grande partie par son père. Mais aussi, et surtout, une femme qui aura réussi à imposer la prétendue mue “ethno-socialiste” du FN, pour reprendre le néologisme du politologue Dominique Reynié. Autant de facteurs faisant d’elle une cible “extrêmement” difficile à atteindre pour ses détracteurs.