Le retour de Sarkozy serait-il une bonne nouvelle pour Hollande ? À en croire les politologues, il semblerait que oui. Car il permettrait de recentrer les débats gouvernement/opposition tout en ressoudant la gauche et en offrant une nouvelle alternative à la tentation de l’extrême droite.
Le retour de l’ancien président Nicolas Sarkozy dans l’arène politique française pourrait être la meilleure nouvelle de la rentrée pour le pouvoir socialiste, très affaibli après un été calamiteux, en ressoudant la gauche face à un adversaire honni. Souhaitez-vous le retour de Sarkozy ? “Évidemment ! Ça fait maintenant deux ans que nous sommes seuls sur le ring. On va écouter la différence”, déclarait récemment Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement.
“Pour François Hollande, pour le gouvernement, pour la gauche, c’est sans conteste une bonne nouvelle”, confirme le politologue Eddy Fougier. Le retour de l’ancien président de droite va permettre de “ressouder une gauche et un Parti socialiste un peu distendus”, désorientés par la ligne sociale-libérale imprimée par l’exécutif, mais aussi de “revenir sur son bilan”. Un bilan sur lequel les Français portent un “jugement sévère”, rappelle Frédéric Diabi de l’Institut de sondage Ifop.
Malgré une quasi-retraite de deux ans et demi, l’ancien président demeure l’une des personnalités politiques les plus clivantes en France, et deux Français sur trois ne souhaitaient pas son retour. Nicolas Sarkozy “n’échappera pas à son bilan, ce sera son boulet”, a martelé vendredi le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, peu après l’annonce du retour en politique de l’ex-chef d’État. Ces dernières semaines, nombre de responsables socialistes confiaient leur impatience de retrouver leur “meilleur ennemi”. La perspective de son retour “fait beaucoup de bien à notre majorité”, reconnaissait en juillet le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone.