Les grosses entreprises du secteur industriel privé du pays, en particulier celles engagées dans l’agroalimentaire, le textile, l’hôtellerie et les grandes surfaces commerciales, peuvent faire des économies énergétiques allant jusqu’à 15 % de la consommation actuelle, représentant ainsi Rs 1 milliard. C’est le premier constat de Franck Daganaud, expert en efficacité énergétique auprès de l’Agence française de développement. Il participe actuellement à la réalisation d’un projet d’audit énergétique de compagnies privées mauriciennes mené par le Joint Economic Council avec le soutien de l’AFD…
Parlez-nous de votre mission à Maurice ?
Je suis conseiller en efficacité énergétique. Cela fait maintenant un an et demi que je viens régulièrement à Maurice pour assister l’Agence française de développement (AFD), en relation avec le Joint Economic Council (JEC), dans la mise en place d’actions d’économie d’énergie vers le secteur privé.
J’ai réalisé durant une première mission une cartographie du potentiel d’efficacité énergétique vers le secteur privé. Elle concernait tout ce qui était industrie tertiaire privée, dont les hôtels et surfaces commerciales. Cela nous a permis d’identifier les potentiels d’économie d’énergie en termes d’électricité et de combustible.
Les combustibles utilisés par les industries sont le fuel, le charbon et le gaz liquéfié pour faire de la vapeur. Des hôtels ont recours à ce dernier élément pour obtenir de l’eau chaude. L’idée consistait ainsi à identifier dans le secteur privé le potentiel d’économie et ce, à travers quelles actions à mettre en place. Il existe un potentiel d’économie de 10 à 15 % dans le secteur privé qui pourrait être réalisé à travers des actions rentables ; soit à partir des actions qui ne coûtent rien, le bon sens, la maintenance, soit à travers des investissements qui auront six-sept ans de temps de retour, c’est-à-dire l’investissement divisé par l’économie annuelle sur les économies d’énergie.
En se donnant des critères de rentabilité qui normalement sont acceptables pour le secteur privé, on arrive ainsi à un potentiel de 10 à 15 % sur la facture énergétique qui représenterait Rs 1 milliard d’économie par an pour le secteur privé sur la facture d’électricité et les combustibles fossiles qui servent à produire la chaleur nécessaire aux procédés.