Lors de son unique représentation au Centre Swami Vivekananda à Pailles, jeudi dernier, c’est un Franck Dubosc mi-figue mi-raisin qu’on a retrouvé sur scène. Tantôt espiègle, mélancolique et facétieux, Franck Dubosc est souvent tombé dans la facilité dans certains sketchs. Quelques vannes se sont souvent heurtées à des spectateurs stoïques. Tant et si bien que les 100 minutes de spectacle ont semblé longues vers la fin.
Le show de Franck Dubosc aura été diversement accueilli par les spectateurs. Les sièges vides indiquaient que l’humoriste français, on l’aime peut-être bien à la télé, mais pas assez pour aller le voir en vrai et à l’état sauvage. Malgré un titre un peu racoleur, il faut dire le contenu du spectacle a été quelque peu décevant. Pourtant, l’humoriste a essayé d’innover dans sa représentation à Maurice. Comme il l’avait promis lors de sa rencontre avec la presse il a deux semaines, Franck Dubosc a intégré quelques phrases en créole dans son spectacle, histoire d’ajouter un brin d’originalité. “Tou pe amerd mwa”, dira-t-il à un moment. Mais il n’y a pas de quoi fouetter un chat ou jubiler parce que Franck Dubosc parvient à balancer une ou deux expressions apprises par coeur. Il fera aussi un clin d’oeil à la façon de conduire des Mauriciens. “J’aime bien ici, c’est comme la Guadeloupe. Enfin, non c’est pas pareil. Eux, ils roulent à droite et vous vous roulez… au milieu.”
Dans À l’état sauvage, Franck Dubosc raconte son exil sur l’île de Tonkiki à la rencontre de ses habitants, les Poils Poils. Ce, afin de fuir la civilisation où “tout m’emmerde”. Outre son adaptation à ce peuple et le quotidien, Franck Dubosc parle de ses relations avec les femmes et de sa femme et ses enfants. Parlant des cougars, il dira qu’à “mon époque, on appelait ça une cochonne. Elles ont changé d’animal, elles courent plus vite.” Il parlera également des choses qu’il n’aime pas, comme les tatouages. “Vous avez déjà vu un autocollant sur une Ferrari ?” lâche-t-il. À un membre du public à qui il demandera le métier qu’il exerce, il lui sortira : “commercial ? Ça veut rien dire. C’est comme l’autre jour, un gars m’a dit qu’il travaille dans les bureaux. Je lui ai dit : tu fais quoi ? Tiroir ?”
Ce seront sans doute les meilleures vannes du spectacle et c’est justement là où le bât blesse. Le public attendait sans doute beaucoup plus d’une pointure de la scène humoristique française qui a 17 ans de carrière scénique. Même durant le moment où il a invité sur scène l’habituelle “victime du premier rang”, il n’aura pas su captiver son public et le prendre par la main. On se serait même demandé si ce n’était pas prévu d’avance tellement la scène semblait téléphonée.
Qui plus est, l’humoriste n’aura pas forcément tenu parole. Dans une interview accordée à Scope, il avait affirmé dire de moins en moins de blagues sur le sexe. Or, Dubosc fait beaucoup allusion au sexe dans le spectacle. Des blagues faciles qui étaient déjà prédisposées au rire puisque comme il le disait lui-même dans l’entretien : “Souvent les blagues les plus drôles tournent autour du sexe.”