« Je ne voudrais pas me faire passer pour un oiseau de mauvais augure. Mais il est impossible de ne pas se rendre compte que nous faisons face à l’imminence d’une grave crise sociale », a d’emblée fait ressortir Franco Quirin, député du MMM de la circonscription n°20, lors de son discours sur le budget hier à l’assemblée nationale.
Ce dernier a laissé entendre si les mesures qui s’imposent ne sont pas prises, le pays risque de retrouver dans une situation de non retour. « Ce ne sont pas des mesures ou annonces électoralistes qui vont changer quoi que ce soit. Le budget devrait jouer un rôle très important pour que la situation ne dégénère pas », a souligné le député mauve.
Il considère que le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, est venu une fois encore avec une série d’annonces pour épater la galerie. « Comme par exemple la création de la télévision privée. » Le député du MMM a également parlé de l’aspect éducatif, notamment le “Nine-Year Schooling” et de projets pédagogiques relatifs aux écoles ZEP.
Franco Quirin a axé une grande partie de son discours sur la jeunesse et le sport. « Notre jeunesse a besoin d’être encadrée et soutenue. Il est temps que le ministre responsable de la jeunesse prenne en ligne de compte les changements intervenus sur le plan international dans l’organisation des loisirs pour les jeunes. Nous vivons aujourd’hui dans ce qu’on appelle la révolution numérique et la déferlante des nouvelles technologies. » Le député a indiqué que la jeunesse mauricienne a besoin de role models pour avancer dans la bonne direction. « Des exemples à suivre et non des fake persons. »
Parlant du sport, il considère que les années se suivent et se ressemblent. « Année après année, le mouvement sportif mauricien assiste de manière impuissante à une dégradation de ses acquis et de ses moyens », a constaté Franco Quirin. « Au risque de me répéter, notre sport a besoin de moyens, d’abord et avant tout financiers, puis structurels, et l’encadrement technique approprié afin de pouvoir rivaliser avec les meilleures nations africaines et pourquoi pas mondiales. »
Franco Quirin a parlé des difficultés des sportifs durant la saison 2013. Il estime qu’elles ont été nombreuses. « J’ai évoqué plus tôt le cas du kick-boxing mais c’est en fait l’arbre qui cache la forêt. Les haltérophiles au Maroc, les boxeurs en Azerbaïdjan, les volleyeuses aux Seychelles et le handisport aux Comores. »
En ce qui concerne la création d’une ligue semi-professionnelle de football comme a prévu le ministre Duval dans son budget, Franco Quirin fait ressortir que même l’annonce de cette nouvelle ne peut être considérée comme une mesure nouvelle et encore moins une idée lumineuse comme le cherche à le faire croire le ministre des Finances, y compris celui des Sports, depuis vendredi dernier.
Il a rappelé qu’en 1999, lorsque la décision fut prise pour interdire les clubs dits communaux de toutes les compétitions, le MMM avait salué cette décision. « À notre façon, nous avions aidé à élaborer la formule, puisque le MMM a toujours cru dans la régionalisation du sport car c’est ainsi que les grandes nations du sport ont réussies. La réussite de l’Union Sportive de Beau Bassin Rose-Hill dans le football comme dans d’autres disciplines, à l’image de la double consécration dans le championnat de handball dimanche dernier, prouve qu’avec une politique de régionalisation bien structurée et la mise à disposition des moyens aux clubs, le miracle est possible. »
Pour lui, le MMM au gouvernement de 2000 à 2005 avait permis à la régionalisation du sport de s’épanouir. Avec le soutien de tous, il a laissé entendre que le parti avait favorisé la création de clubs régionaux comme l’ASPL 2000 notamment et a relancé le football national avec des équipes régionales.
« La cerise sur le gâteau, le Club M avait remporté la médaille d’or aux Jeux des îles 2003 à Maurice. Nous nous souvenons tous de la ferveur populaire qu’avait suscitée la réussite de notre sélection nationale », a fait remarquer le député mauve.
Franco Quirin a rappelé qu’en 2000 le football ne se jouait pas sur le plan national après les désordres du 23 mai 1999 et a mentionné que c’est aussi à cette période que l’actuel Premier ministre avait « réussi l’exploit de faire disputé la rencontre Club M/Gabon… à La Réunion, alors que la rencontre devait se jouer à Maurice. Le football de haut niveau était tout bonnement interdit à Maurice. »
Pour Franco Quirin, la régionalisation du sport, en particulier le football, a permis à certains clubs de quartier d’émerger et d’évoluer actuellement au niveau national. Il a fait référence à des clubs tels que Chamarel FC, Petite Rivière Noire FC, Cercle de Joachim et La Cure Sylvester, entre autres.