Franco Quirin, député du MMM responsable du dossier sport est intervenu sur le budget 2012, mercredi dernier à l’assemblée nationale. Il a déploré que le National Youth Council (NYC) fonctionne de manière désordonnée et que le département jeunesse du ministère donne l’impression de ne pas connaître les vrais besoins des jeunes.
Selon le député de Beau-Bassin/Petite Rivière, les régions urbaines aussi bien que rurales souffrent d’un manque d’infrastructures sportives et de loisirs. Il ajoute que les facilités existantes ont un grand besoin d’une rénovation urgente suivie d’une maintenance régulière. Franco Quirin propose que les centres communautaires de la SILWF qui ne sont pas utilisés, soient convertis en centres de jeunesse modernes.
Pour le député, les horaires d’ouvertures des centres de jeunesse qui sont de 9h à 16h, doivent être revus car les jeunes sont libres à partir de 16h. Il a aussi déploré que le programme «Spécial Vacances », n’attire plus autant de jeunes.
Franco Quirin a toutefois salué la décision du ministre des Finances d’octroyer six bourses sports-études aux sportifs mauriciens sur une base annuelle à travers le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) de même que la hausse du budget de ce même organisme. « Je ne peux qu’afficher ma satisfaction à l’effet que le ministre des Finances ait pris en considération ma proposition pour en faire un, sinon le pilier de ses actions en faveur du sport pour l’année financière 2012 », a-t-il déclaré.  
« L’idée n’est certainement pas nouvelle, mais elle a le mérite de donner un nouvel espoir aux sportifs qui très souvent délaissent le sport pour se consacrer aux études uniquement », a-t-il ajouté. Pour le député, cependant, reste à savoir comment cette démarche sera pérennisée et quels seront les critères de sélection. « Il est important que l’allocation de ces bourses se fasse dans la transparence la plus totale », a-t-il poursuivi.
« L’argent est le nerf de toutes les guerres »
Le député de la circonscription numéro 20 s’est aussi réjoui de la décision de Xavier-Luc Duval de permettre aux entreprises employant des sportifs de puiser 50% de leurs salaires de leurs budgets CSR (Corporate Social Responsibility).
Pour Franco Quirin, il est essentiel que les sportifs bénéficient du temps nécessaire pour les entraînements, compétitions et déplacements à l’étranger mais se demande ce qu’il en sera pour les sportifs travaillant dans la fonction publique qui ont eux aussi besoin d’être « released ».
Le député du MMM a regretté que les dotations budgétaires pour 2012 soient très loin de celles espérées par le monde sportif. « L’argent est le nerf de toutes les guerres… Dans ce budget, rien n’a été fait pour prendre en considération les problèmes financiers des fédérations », a-t-il déploré.
Il s’est ainsi demandé pourquoi les fonds CSR ne sont pas accordés à toutes les fédérations et aux clubs de l’élite indistinctement. Prenant le ministre Devanand Ritoo à témoin, il dira même que la CSR a tué le sponsoring sportif. « Le ministre des Sports lui-même s’est vu dans l’obligation de créer la Club Maurice Company afin de trouver le financement nécessaire pour assurer la préparation finale de nos athlètes pour les Jeux des îles », dira-t-il.
Le sport mauricien en pleine tempête
Franco Quirin propose que la Club Maurice company soit transformée en une entité totalement indépendante avec la possibilité non seulement de financer la préparation des athlètes avant un important rendez-vous mais surtout pour soutenir les projets sportifs des clubs et fédérations. « Ainsi, cette compagnie deviendrait l’intermédiaire entre le CSR committee et le mouvement sportif », déclare Franco Quirin.
Mais le député du MMM n’abandonne pas l’idée que l’on devrait revoir les critères de la CSR afin de permettre aux fédérations et aux clubs d’être CSR-compliant.
Abordant un autre volet de son intervention, Franco Quirin dira sans ambages que le sport mauricien est en pleine tempête avec les affaires de la MFA et de la Fédération mauricienne de Natation. Ce qui a nécessité l’intervention de leurs fédérations internationales. « C’est dire que le mouvement sportif va de plus en plus mal et je pèse bien mes mots », dira-t-il.
Et d’ajouter : « Nous sommes aujourd’hui sous l’impression qu’il y a une cassure qui s’est opérée entre le MJS et le mouvement sportif car après les Jeux des îles, il a été triste de constater que beaucoup de sportifs ont été privés de compétitions internationales. » Pour étayer ses dires, le député citera les exemples de la sélection nationale de football qui a dû renoncer aux éliminatoires de la Coupe du Monde de 2014 face au Liberia, le cas de deux haltérophiles privées des championnats d’Afrique et du Commonwealth, des nageurs qui n’ont pu s’aligner aux championnats d’Afrique juniors au Nigeria et le fait que Maurice se soit retirée de l’organisation du combat final des Mondiaux féminins de boxe française pour lequel s’est qualifiée notre compatriote Jelina Bégué.
Franco Quirin s’est aussi demandé ce qu’il était advenu des amendements à être apportés au Sports Act attendus depuis deux ans et de la mise en place de l’Institut National du Sport (INS). Dans la même lignée, il s’est interrogé à propos de l’avancée des travaux de rénovation de la piste synthétique du stade Camp du Roi à Rodrigues mais aussi des projets d’infrastructures pour les régions de St Pierre et Triolet annoncés dans le précédent budget.
Il s’est aussi demandé où en étaient les projets de mise en place d’une commission d’arbitrage sur le sport et du National Council for Drug Free sports.
Le député du MMM s’est aussi attardé sur la promesse faite par le ministre Ritoo de donner aux équipes de football de D1 et D2 un terrain d’entraînement doté de toutes les facilités, lumières et vestiaires. Il s’est également demandé quand allait avoir lieu la réouverture du stade George V à Curepipe.
Le responsable du dossier sport au sein du principal parti d’opposition a aussi qualifié la Commission nationale du Sport Féminin (CNSF) d’éléphant blanc.