François Woo, le patron de la Compagnie mauricienne de textile (CMT), prévoit de réduire de moitié la main-d’œuvre de ses unités à Maurice avec le licenciement de 5 000 employés dans les trois prochaines années. C’est ce qu’il a laissé entendre devant le président du Mozambique, Filipe Jacinto Nyusi, lors d’une visite de ce dernier jeudi après-midi sur le site de la CMT, à Pointe-aux-Sables. En contrepartie, la CMT, qui emploie 7 500 personnes dans ses opérations au Bangladesh, compte doubler la main-d’œuvre dans ce dernier pays. Il dit reconnaître que le secteur du textile est en déclin et que c’est pour cette raison que la CMT s’est reconvertie en une compagnie globale, notamment avec des investissements au Bangladesh et à Madagascar.

Dans cette logique, le groupe a mis sur pied des « manufacturing hubs » au Bangladesh ainsi qu’à Madagascar. « Avec le déclin que connaît le secteur à Maurice, le nombre d’employés du côté du Bangladesh doublera pour atteindre 15 000 et Madagascar, 6 000, dans trois ans », a avancé François Woo. Avec ces expansions dans ces deux autres pays, la compagnie supprimera de fait la moitié de son effectif à Maurice. « We cannot compete anymore in Mauritius. It is a reality », a-t-il soutenu en ajoutant que le processus de transfert des activités du groupe est déjà lancé.

Selon lui, « globally there is room for investment », ajoutant que la CMT a une stratégie africaine. Il affirme que 35% des besoins en coton de la compagnie proviennent du Mozambique. « Nous sommes en discussions avec les autorités. Sinon, la prochaine fois que vous viendrez ici, le bâtiment risque d’être vide », a-t-il rajouté.

« Les visionnaires de ce pays ont tracé notre chemin. Je crois fermement dans ce qu’on fait. Si pei nepli krwar ladan, mwa, kouma mo kapav krwar ladan ? » a-t-il lancé, faisant référence à la situation actuelle. « Evidaman ou pou trouv sa developman la ayer », a-t-il poursuivi. Le président Nyusi a invité le patron de la CMT à venir explorer les possibilités d’investissements au Mozambique, surtout au niveau du développement de la culture du coton.

Également présent, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ashit Gungah, a, lui, laissé entendre, en commentant les propos de François Woo, que la main-d’œuvre mauricienne devient rare et que le gouvernement devrait se préparer à faire face à ces licenciements à l’avenir.